Charlène nous montre sa collection de disques de Corinne Charby, platine vinyles, 45 tours

Charlène, assistante administrative et DJette, 35 ans, Paris 19ème

« Le but de la musique, c’est d’être accessible à tout le monde et que les gens découvrent. Je trouve que du coup, de spéculer là-dessus, de faire des petites productions exprès pour pouvoir finalement les revendre encore plus cher, ça fait que ça reste dans un milieu fermé, avec des gens qui ne veulent pas partager, des gens élitistes. Moi j’ai pas envie de ça. »

Est-ce que tu te souviens de ton premier contact avec un disque ?

Oui, c’est quand j’étais toute petite. Mon père était super fan de musique, il écoutait surtout du rock’n’roll d’avant 1958. Du coup, je me souviens que dans la voiture, on écoutait toujours plein de trucs et notamment, Wanda Jackson, “Stupid Cupid”. J’étais petite et je trouvais ça super dansant, rock’n’roll…C’était mignon !

Est-ce que tu te souviens du tout premier disque que tu as acheté ?

Ace of Base !!! Je m’en souviendrai toute ma vie, c’était mon premier CD ! Après, je me souviens aussi des 45 tours, genre ça devait être les New Kids on the Block. Mais je ne sais plus si c’est moi qui les avais achetés, ou si je demandais à ma mère de les acheter… Mais je me souviens encore de la tronche que j’avais quand je les ai eu dans les mains ! En tout cas, mon premier CD, c’était le premier album d’Ace of Base.

Est-ce que tu les as toujours, ces disques ?

En fait, je partageais tout avec ma soeur et je crois que c’est elle qui l’a, le CD d’Ace of Base. Mais le truc qui me rend triste, c’est que tous les vinyles, je ne sais pas où ils sont… Ils doivent être chez ma mère, mais je ne les ai jamais retrouvés…Genre “La Fête au Village” des Musclés ! Hélène Rolles, Roch Voisine, hahaha ! J’avais tout.

Quels supports physiques préfères-tu et pourquoi ?

Le vinyle, 45, 33 tours, je n’ai pas de préférence. C’est ce que je préfère et que j’ai toujours préféré. C’est juste qu’à un moment donné, quand on est plus jeune et qu’on suit la mode… A une époque, les vinyles avaient un côté un peu désuet et quand les CDs sont arrivés, c’était un peu la révolution ! J’avais envie d’en avoir plein et donc, c’est vrai que pendant très longtemps, j’ai écouté des CDs. Je ne suis pas revenue aux vinyles avant un petit moment, j’ai acheté des 45 tours juste quand je ne trouvais pas le disque que je voulais en CD. Alors que maintenant, je n’achète que des vinyles ! Parce que j’aime bien l’objet, qu’il y a toujours des belles photos et puis je trouve qu’en termes de son, c’est hyper agréable. Y a ce petit crépitement, comme si chaque disque était un peu unique.

Charlène et sa valise de 45 tours, assise sur le parquet de son appartement

Et aujourd’hui, est-ce que tu achètes d’autres types de supports quand même ? Voire du digital ?

Alors non, moi et le digital, c’est compliqué, haha ! Je n’y arrive pas trop… Le seul digital que j’utilise, c’est d’aller sur YouTube et encore, ça fait pas très longtemps que je l’utilise, genre 6 ans… Avant, je ne savais même pas écouter des trucs sur Internet ! Donc non, je n’ai jamais acheté de digital. Je ré-achète des cassettes maintenant. Dont une, dernièrement, au Village Labels de Villette Sonique, avec que des groupes de filles. C’est vrai que j’ai complètement oublié de parler de ça, mais quand j’étais petite, j’achetais beaucoup de cassettes et j’étais trop fan de ma cassette de Thierry Hazard, hahaha ! Mais mes cassettes préférées, c’était les cassettes qu’on enregistrait avec ma soeur. On se faisait des mixtapes : on écoutait vachement la radio, on enregistrait plein d’émissions et puis on se faisait nos propres émissions, qu’on se faisait écouter.

Est-ce que tu aimes bien les compiles, justement ?

Ah ouais, j’adore ! Je crois que c’est un des trucs que je préfère pour le partage. J’ai parlé de ces compiles qu’on faisait avec ma soeur, mais j’avais aussi un pote qui me faisait tout le temps des compiles sur CD. Un de mes CDs préférés, c’était une compile qu’il m’avait fait parce qu’il y avait mis des groupes que j’adorais, des groupes que je ne connaissais pas…

Compile CD de Charlène, mixtape CD

C’est hyper bien parce que tu peux découvrir des groupes similaires, dans un style en particulier quand ce sont des compiles cohérentes et que ça ne t’enferme pas dans un truc. Après, ce que j’aimais bien dans les compiles que mes amis me faisaient, c’était justement que la cohérence de la compile était au niveau du thème, mais pas forcément les styles des groupes : y’avait de la musique des années 60, après, des groupes des années 90, un groupe de filles, un truc plus calme… Et ça s’enchaînait hyper bien ! C’est ça que j’aime bien, un peu comme un DJ set. Et sinon, les premières compiles que j’ai écouté, c’était les compiles Tricatel. Du coup, un univers quand même assez fort, une entité particulière avec beaucoup de Moog, un état d’esprit “musique de films”. Moi, ça me parle.

2 exemples de compiles pour Charlène : "Carry on Rioting" de Riots not Diets, et compile K7 achetée à Villette Sonique.

Es-tu sensible aux éditions limitées et collectors ?

Ah non, c’est pas forcément mon truc. Je serai capable d’en acheter si c’était vraiment d’un artiste que j’adore mais pas pour l’aspect collector, car je m’en fiche un peu. Je trouve le concept des éditions limitées hyper intéressant et je vais en acheter si ça me plaît, mais c’est vrai que dans l’absolu, je ne suis pas à fond là-dedans…

Donc tu te fous éperdument d’acheter un disque en réédition, ou de si c’est un original…

Oui oui, je m’en fiche. En fait, ce que je veux vraiment, c’est trouver le disque, le morceau qui m’intéresse. Que ce soit en édition limitée, pas limitée, 45 tours, original ou pas original, c’est vrai que je n’ai pas trop de sensibilité par rapport à ça. Je m’en fous de ne pas posséder d’originaux, mais en même temps, j’en ai et je suis contente de les avoir… Mais pas forcément parce que c’est un original ou quelque chose qui n’est jamais ressorti.

Et l’artwork d’un disque, c’est important pour toi ?

Ah oui, complètement, j’adore ! Je trouve ça important, ça va avec le fait que les vinyles sont mon support préféré. Dans mes pochettes préférées, il y a le 45 tours de LiliPut “Die Matrosen” avec son beau ciel bleu et celle de Ti-Tho.

Pochettes préférées de Charlene, Silex Pistols, Mikado, Ti-Tho, Liliput

Quel est le style de musique le plus présent dans ta discothèque ?

Je dirai, pas forcément un style, mais plutôt beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup de chanteuses ou de groupes de filles. Énormément. C’est ce que j’aime. Je sais pas pourquoi, ça a toujours été comme ça. J’écoute des chanteurs et des groupes avec des mecs, mais dans chaque style musical, je préfère toujours les groupes de filles. Déjà, le 1er truc que j’ai écouté, c’est Wanda Jackson et après, quand j’ai commencé à écouter un peu de rock, des groupes nineties et tout, le premier groupe qui m’a marquée et surtout pour la voix, c’est Sonic Youth. Toujours, toujours, toujours, à chaque époque ou chaque période de ma vie, ça a toujours été des chanteuses, des voix féminines. C’est donc le gros de ma collection, les groupes de filles et surtout les trucs sortis entre 1977 et 83. Après, j’adore les trucs des années 60 mais ce que j’aime dans les années 60, c’est vraiment les trucs cuculs, yéyé, kitsch ou les musiques de film. Un peu de garage, mais pas de soul. C’est vrai que c’est moins mon univers. Donc, des chanteuses, beaucoup beaucoup de chanteuses et du riot grrrl, évidemment. Mais comme le riot grrrl, j’écoutais ça à fond dans les années 90-2000, Bikini Kill et tout, j’ai plein de disques mais c’est que des CDs !

C’est devenu d’ailleurs un peu ta spécialité en tant que DJette, les groupes de filles des années 60 à maintenant.

Oui ! C’est vrai que quand je passe des disques, finalement, je me rends compte que je vais passer 4-5 morceaux chantés par des mecs, mais pas plus au final.

Est-ce que tu as un disque préféré ? Celui que tu sauverais sans hésitation en cas d’incendie dans ton appart ? Haha, je vois ta tête, tu as le droit de répondre non…

Si forcément ! Parfois le soir, pour m’endormir, j’y pense et tous les jours, je change de disque, haha ! Mais j’y pense !

Alors aujourd’hui, ce serait lequel que tu sauverais ?

C’est horrible mais aujourd’hui, celui que je sauverais et que je serais capable de tout le temps écouter, c’est un disque de Lee Hazlewood.

Charlène et son disque préféré : Lee Hazelwood

Est-ce qu’il y a un concept de disque que tu as trouvé ridicule ? Ou un, au contraire, que tu as trouvé cool ? Ou peut-être que tu en as vraiment rien à foutre, haha…

J’en ai pas rien à foutre mais je n’y connais rien et j’ai un peu honte, haha ! Donc en fait, je pense que je m’en fous un peu, sinon, j’en connaîtrais.

Est-ce que tu as un rangement particulier pour tes disques ?

Ah non, je suis un peu nawak. Enfin, ils sont par terre et dans des boîtes à chaussures… Je suis pas très soigneuse avec mes disques, y’a eu de la bière de renversée dessus, j’en ai perdu… On m’en a volé, j’en ai donné. J’en ai donné parce que je trouve aussi que la musique, c’est ça, c’est avant tout un partage. Par exemple, si je passe des disques et que quelqu’un me dit “ah, j’ai trop adoré ce disque !” et que je sens une sincérité, un truc un peu fort sur le moment, eh bien ça m’est déjà arrivé de le donner. En fait, je me prends pas trop la tête avec mes disques, alors que j’ai des potes qui sont hyper carrés, soigneux avec leurs disques, c’est un truc de dingue. On m’a souvent fait la réflexion “ohlàlà, mais tu fais un peu n’importe quoi avec tes disques”. En fait, moi je m’en fous, je pars du principe que mes disques, ils vivent comme moi, donc ils subissent un peu les mêmes trucs que moi. Et c’est ça que j’aime !

aperçu de la discothèque de Charlène

Est-ce que tu te renseignes un peu sur les sorties de disques ?

J’ai beaucoup changé par rapport à ça. C’est-à-dire qu’avant, j’étais à fond dans les sorties, les nouveautés et je connaissais plein de trucs actuels. Et j’achetais toutes les nouveautés dans ce que j’aimais. Alors que maintenant, je suis complètement à la ramasse et je ne suis plus du tout ! Alors si tu me demandais “quelle est ta révélation 2017 ?”, euh, j’en ai probablement une, parce que j’essaye d’y penser, mais franchement… Sinon, à un moment donné, je le reconnais, ce qui me motivait, c’était vraiment d’enrichir ma collection dans mes groupes de filles. Donc voilà, je n’achetais que ça, vraiment dans le but d’avoir plein de disques et aussi pour mes DJ sets.

Est-ce que tu as un budget pour les disques, quand même ? Et d’une manière plus générale, qu’est-ce qui est un moteur d’achat pour toi ?

Le budget, moins qu’avant. Avant, je pouvais claquer 150 balles par mois. Mais plus maintenant ! Du coup, ce qui va motiver mes achats, c’est les concerts. Tous les disques que j’ai achetés ces derniers temps, je les ai achetés à la fin des concerts.

Et justement, comment est-ce que tu appréhendes le rapport disque/concert ?

C’est jamais pareil. J’ai plein d’exemples comme ça, où j’avais écouté le disque et c’était mou, et en fait quand j’ai vu le groupe en concert, j’avais adoré… Et vice versa. Mais il y a aussi des groupes qui ne me déçoivent jamais. Je n’ai jamais été déçue par Sonic Youth, jamais par Le Tigre. Quand c’est un disque que j’adore et un groupe que j’adore, alors forcément, j’vais avoir envie de ressortir de la salle et de faire “wahou”. Je suis pas très objective par rapport à ça. Ce qu’on me dit toujours, parce que mon truc c’est quand même les groupes des années entre 1977 et 85, c’est “ahlàlà, mais ne va pas voir ce groupe, c’est nul maintenant, gnagnagna”. Mais en fait, y’a quand même des groupes dans cette veine-là que j’ai trop adoré en concert, comme Wire, un de mes groupes préférés, ou Animals & Men… J’ai pas eu la chance de les voir à l’époque parce que j’étais pas née, mais je trouve que ce qu’ils font maintenant a l’air d’être hyper fidèle à l’époque. Ils ont toujours ce truc… A l’inverse, les Olivensteins, c’est non. Kas Product, ohlàlà… L’enfer, haha ! Enfin, tout le monde l’adore, et moi je suis pourtant une grosse fan à la base, mais en concert, c’est pas possible. Et tous les trucs sixties, aussi, maintenant c’est vite ringard. Les vieux groupes dans ce délire là, je trouve que ça fait un peu “bal à papa” maintenant… Je préfère finalement les groupes actuels qui font du garage un peu sixties… genre les Jackets.

Et dernièrement, il y a des groupes que tu ne connaissais pas ou peu et qui t’ont mis une claque en live au point que tu achètes leur disque ?

Oui, genre NOTS, c’est le dernier disque que j’ai acheté comme ça… Mais aussi Priests, Broken Water, Peach Kelli Pop…

Plus généralement, qui est-ce que tu vas voir en live ? Et c’est qui les labels et les fanzines que tu soutiens ?

Ces derniers temps, c’est vrai que tous les concerts que j’ai fait, ce sont les concerts de mes amis, parce que je les soutiens et que je trouve ça hyper important, que j’ai envie de me rapprocher de ça. En même temps, ce n’est pas que leurs groupes car elles jouent en première partie et du coup, je découvre aussi un nouveau groupe que j’ai trouvé hyper bien et que je ne serai peut-être pas allé voir si mes copines n’étaient pas programmées le même soir. Ces derniers temps par exemple, j’ai découvert Woolf et la chance que j’ai eu, c’est que j’ai pu les rencontrer, leur parler, voir que c’était des personnes adorables… J’aime beaucoup ce truc de “rencontre”, je trouve ça vraiment important. J’ai aussi découvert Sievehead, un groupe que franchement, je ne connaissais pas du tout et je ne suis même pas sûre que j’aurai pu le découvrir toute seule… J’ai trouvé ça hyper bien ! Ce qui est cool c’est qu’avant, j’allais quand même voir en concert les groupes que j’adorais et je zappais un peu les premières parties. Maintenant, je vais tout le temps voir en concert les groupes de mes copines, pas forcément dans le but de découvrir des nouveaux groupes, même si finalement, je me rends compte que j’ai découvert beaucoup plus de groupes comme ça. Ces groupes de mes amis, c’est Mary Bell, P.M.S, Ours Blond (mais en ce moment ils ne jouent plus trop), Bitpart, Saintes… Il y a aussi Belmont Witch que je vois souvent… Et Je trouve ça bien aussi de soutenir des labels. Je ne suis pas objective mais j’ai une affection particulière pour Danger Records, parce que c’est un très bon ami qui s’occupe de ce label et que je m’y suis impliquée aussi, j’ai fait les sérigraphies des t-shirts, j’ai tenu plusieurs fois des stands… J’ai pas mal de leurs disques. Leur démarche artistique me parle parce qu’ils font des rééditions mais ils sortent aussi des disques de groupes actuels, notamment Mary Bell… Bref, c’est tout un univers que j’aime. Et le troisième truc dont je voulais parler, c’est un fanzine que font des copines aussi, qui ont une asso qui s’appelle Rosa Vertov. Ce fanzine, qui s’appelle Making Waves, est autour de la culture féminine dans la musique, dans les années 80.

fanzines Making Waves, collection de Charlène, Su Tissue, Liliput, Alice Bag

“Home is where the record player is”, ça te parle ?

Ouais, carrément ! En tout cas, en ce qui me concerne, je me sens chez moi là où il y a mes disques. J’ai pas énormément de disques mais je les adore, ils font partie de moi, j’aime bien les regarder, leur faire des petits bisous, hahaha, j’suis tarée !! Ils sont importants pour moi, ils font partie de mon univers…

Tes meilleures adresses de disquaires à Paris et ailleurs ?

A Paris, Plus de Bruit, rue de la Rochefoucauld, à côté du PCC. C’est pas cher, il a plein de trucs hyper cool. J’y trouve vraiment tout ce que j’adore, surtout mes groupes de filles. Donc quand j’ai envie d’acheter des disques, je vais toujours chez Plus de Bruit. Pop Culture sinon, et le Rideau de Fer, aussi. Hors de Paris, c’est Blind Spot à Rennes, il est trop bien ! Et les Troubadours du Chaos, à Rennes aussi. A Lyon, j’adorais Dangerhouse. A Londres, Sister Ray et j’aime bien les markets, genre Spitalfields.

Qu’est-ce qui tourne sur ta platine aujourd’hui ?

Lee Hazlewood !

Platine de Charlene, disque de Lee Hazelwood et beaucoup de 45 tours

Je te pose la question à toi aussi : le phénomène de spéculation sur Discogs et eBay, ça t’inspire quoi ?

Je trouve ça choquant, moi… Comme je le disais au début, j’en ai un peu rien à faire des originaux, des rééditions… Donc par exemple, si on ressort un disque d’un artiste des années 60 ou 80, un truc qui n’est pas sorti à beaucoup d’exemplaires à l’époque et pas très connu, je trouve ça choquant de le revendre maintenant 100-120 balles, surtout quand c’est une réédition, juste parce qu’il a été ressorti en très peu d’exemplaires. Le but de la musique, c’est d’être accessible à tout le monde et que les gens découvrent. Je trouve que du coup, de spéculer là-dessus, de faire des petites productions exprès pour pouvoir finalement les revendre encore plus cher, ça fait que ça reste dans un milieu fermé, avec des gens qui ne veulent pas partager, des gens élitistes. Moi j’ai pas envie de ça. Si je passe des disques, c’est justement pour que les gens puissent écouter la musique et venir me voir en me disant “c’est cool, j’adore cette chanson !” ou “c’est pas mal ce que tu passes, j’aimerais bien connaître”. J’ai envie de partager la musique. Après, j’suis pas du genre à acheter tous mes disques à 80-90 balles. Le disque le plus cher que j’ai acheté, ça doit être le Ti-Tho que j’ai payé 30€, mais parce que je le voulais vraiment. C’est cher mais ça reste raisonnable. Y’a des gens qui dépensent 500 boules, 100 boules, 80 boules… Oui, y’a un disque que je rêverais d’avoir, c’est “Dans le ventre d’une énorme baleine” de Karo, mais il est à 80-120 balles. Je ne l’achèterai pas… Et comme je l’ai sur une compile, ça me va très bien, je m’en fous d’avoir le 45 tours. En fait, à un moment donné, quand je passais des disques, c’est ça que je n’aimais pas : les gens qui te regardent un peu avec des gros yeux, qui se disent “pourquoi elle passe ce disque ? Comment elle a fait pour avoir ce disque, il coûte super cher ?” Mais en fait, comment ils le savent, que je l’ai payé cher ou pas ? Si ça se trouve, je ne l’ai pas payé cher, haha !!

En plus, en matière de disques, ce n’est pas non plus la parfaite loi du marché où l’offre rencontre la demande. Parfois, les cotes de certains disques sont fixées de manière assez arbitraire…

Je suis entièrement d’accord, c’est dommage. On te dit “ce disque coûte cher” et c’est comme ça, maintenant, tu ne trouveras plus ce disque à pas cher, mais pourquoi ? Même pas parce qu’il est rare. Moi je comprends pas ce truc-là et je ne veux pas répondre à ça, je ne veux pas rentrer là-dedans. Pour en avoir déjà parlé pendant des heures avec des gens… J’arrive pas à comprendre pourquoi tel ou tel disque prend de la valeur comme ça, d’un coup. Dans tous ces trucs de yéyé sixties un peu obscurs, y a 10-15 ans, les disques ne coûtaient pas 100 balles, ça ne valait rien. C’était pas aussi cher que maintenant. Donc je trouve ça très bien qu’il y ait des labels qui les ressortent en 45 tours ou en compiles, car ils les rendent quand même accessibles. Après, ce que j’aime pas, c’est qu’on retrouve ces rééditions hyper chères sur Discogs ou eBay, parce que c’est pas la démarche de la musique normalement, ça ne devrait pas l’être.

Ampli et disques de Charlène

Est-ce que tu as quelque chose à ajouter ?

“Toujours quelque chose à dire, le professeur Rollin !” hahaha… J’ai pas beaucoup parlé de musique de films parce que j’ai malheureusement pas beaucoup de disques, mais j’avais juste envie de dire que j’étais trop fan des musiques de films des années 60-70 italiennes. Mon préféré, c’est Armando Trovajoli. J’adore quand c’est des nanas qui chantent en onomatopées : “palapalapapa” ! Sauf que je ne les ai pas en disques…

Ok ! Donc c’est dans ta “to buy list” ?

Ouais, c’est ça ! Et ce que je voulais dire, aussi, c’est que je ne suis pas enfermée dans un style. J’ai une approche de la musique assez simple. Faut que j’écoute un truc et que ça me touche, que j’aie des petits frissonnements, qu’il se passe quelque chose. Du coup, je suis super fan de riot grrrl et de punk féminin, mais j’ai une affection aussi pour les trucs ultra kitsch, et je voulais absolument le dire, mais je suis fan de Corynne Charby !!! Mais vraiment !!

Charlène passe régulièrement des disques sur la capitale sous le nom de Bikini Pea. N’hésitez pas à passer la voir et à lui dire que vous aimez bien un disque qu’elle a passé, elle sera vraiment ravie et trinquera de bon coeur avec vous !

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