Benoît nous montre sa collection de disques

Benoît, régisseur, 39 ans, Paris 19ème

“ L’intensité qu’on met dans sa musique sera toujours inégalée si on y met vraiment tout son coeur, plus qu’un truc joué de manière académique. Aujourd’hui, tout le monde peut faire du Bad Brains, tout le monde peut faire du Agnostic Front et sonner exactement pareil.”

Salut Benoit ! Raconte-nous ton premier contact avec un disque.

Le premier contact avec un disque que j’ai eu, c’est assez rigolo, c’est les vinyles de mon père : les vinyles de Pink Floyd et particulièrement un où on voyait un type serrer la main à un autre, en flammes. C’est mon premier vrai souvenir de disque. Cette pochette m’a toujours intrigué mais bizarrement, je ne l’ai jamais écouté ! Je devais avoir 3-4 ans, ou moins, peut-être. C’était super impressionnant de voir un mec en feu, c’est vraiment bizarre à tout âge. Enfin, c’est violent quoi !

Et le tout premier disque que tu as acheté ? Tu l’as toujours ?

Le tout premier disque que j’ai acheté, c’est la bande originale des Blues Brothers en CD. Non seulement je l’ai toujours, enfin, pas avec moi car il est quelque part chez mes parents, mais je me le suis racheté en vinyle il n’y a pas très longtemps. Nostalgie, quoi ! En fait, je ne sais plus si c’était un CD ou une cassette… Mais c’était assez rigolo parce que ce film, on l’avait enregistré et il nous manquait la fin, et c’est un film qui m’a toujours un peu obsédé à cause de ça : l’histoire de cette cassette dont il manquait la fin. Du coup, c’est devenu mon film préféré aussi, et à force de le mater, de le mater, de le mater et de le mater en espérant pouvoir un jour voir la fin, je me suis vraiment familiarisé avec les chansons qui sont vraiment classes. C’est vraiment un disque que j’écoute de A à Z. Même “Everybody needs somebody to love”, qui est un hymne de faluchards dans ton pub irlandais préféré, reste un morceau que j’aime bien, parce que ça reste un bon souvenir. En vrai, c’est le 45t de « C’est l’amour » de Leopold Nord & Vous, mais il a eu moins d’impact sur moi…

Benoit et son disque des Blues Brothers

Quel est le support physique que tu préfères et pourquoi ?

Le vinyle ! Le vinyle, sans surprise, parce que ça permet d’avoir des beaux artworks, des beaux supports. Surtout les vinyles en couleurs, il y a des combinaisons de fou et ça arrive toujours à me charmer. Quand je vois un vinyle couleur qui est super beau, super original, je craque. C’est vraiment quelque chose qui me fascine, je pourrais les regarder, juste en me disant que c’est un truc en fait complètement aléatoire, et que même s’il y en a plusieurs sur ce modèle, quelque part, ils sont tous un peu uniques.

Tu es sensible au concept d’édition limitée, de collector ?

Oui parce que la plupart du temps, c’est sur ces disques là que sont faits les efforts. Mais si par exemple, il y a un disque qui est pressé en 20 couleurs différentes, je n’irai pas vers la plus rare mais vers celle qui me plaît le plus.

Aimes-tu les autres supports physiques ?

J’aimais bien le CD. Non, en fait, j’aime bien tous les supports, parce que je crois vraiment que tu peux faire un super artwork peu importe le support. Du coup, vu que les capacités sont infinies, pour chaque support, tu peux faire quelque chose qui déchire. En ce moment, c’est le grand retour de la cassette et j’ai des cassettes qui sont vraiment classes aussi. En fait, je n’ai pas vraiment de support préféré, du moment qu’il y a un truc plutôt visuel.

La collection de cassettes de Benoit, avec Power Trip, Discrepancy, Turnstile...

Tu achètes aussi du digital ?

J’ai acheté un tout petit peu de digital quand j’achetais un vinyle et qu’il n’y avait pas de coupon de téléchargement dedans, donc par frustration. Quand j’étais en voyage et que j’avais vraiment envie d’écouter un album sur mon iPod, je l’achetais. Maintenant, j’ai un abonnement Apple Music qui permet justement de streamer et d’avoir accès à de la musique même hors ligne. On a accès à une bibliothèque qui est vraiment folle et ça permet d’écouter pas mal de trucs au lieu de les acheter à l’aveugle. J’ai mis un peu de temps à me mettre au digital, mais je trouve au final que c’est vraiment confortable.

Est-ce que tu aimes bien les compiles, et est-ce que tu en as ? Y a-t’il des compiles qui t’ont marquées ?

J’ai eu une passade compiles, ouais. Moins maintenant. J’aimais bien les compiles à l’époque, tout simplement parce que j’étais plus friand de découvertes. Et c’est vrai qu’une compile, c’est le prix d’un disque mais que dessus, tu as – pour les compiles de hardcore du moins – de 15 à 30 groupes et ça te permet de découvrir énormément de choses. Y a pas mal de labels qui faisaient ça et c’était cool, mais maintenant, on ne paye plus forcément les disques quand on a un abonnement de streaming. C’est donc peut-être moins nécessaire d’avoir des compiles… Ca fait d’ailleurs assez longtemps que je n’en ai pas vu. Les dernières que j’aie achetées, ce sont des rééditions de compiles mythiques.

Dis-nous Benoît, quel est le style le plus présent dans ta discographie ?

C’est le hardcore, et plus précisément, le New York Hardcore. Mes premiers émois musicaux, c’est le rap parce que j’ai grandi en Seine Saint-Denis et qu’au collège, c’était vraiment les trucs qui circulaient le plus sous le manteau. C’était aussi une époque où le rap commençait vraiment à prendre de l’ampleur. NTM allait sortir son premier album, Assassin avait un maxi qui s’appelait “Note mon nom sur ta liste”, un truc un peu hush hush, la mythique compile « Rapattitude », les shows de Radio Nova avec Lionel D et Dee Nasty où il y avait le Secteur A (qui ne s’appelait pas encore Secteur A mais Secte Abdulaï), qui faisait des freestyles là-dessus… Le frère de mon meilleur pote était DJ donc il avait énormément de disques de rap à l’époque. C’était la toute fin des années 80 et le début des années 90. Et en 1991-92, il y a eu ce que j’appelle le “triple assaut” : il y a eu les Guns ‘n’ Roses avec les “Use your Illusion”, Nirvana avec “Nevermind” et Metallica avec le “Black album”, et ces 3 groupes-là étaient vraiment présents partout. Je me suis aperçu que ce que j’aimais bien dans le rap, à savoir la violence, l’insolence, tous ces trucs là en fait, c’était contenu dans tous ces groupes qui, j’allais le découvrir après, venaient tous du punk. Donc je suis passé du rap, petit à petit, au metal, au heavy metal en passant par le grunge et la fusion… Et j’ai commencé à creuser, creuser, creuser, toujours dans cette quête de la violence musicale, de l’insolence et de la rébellion, et je suis arrivé à découvrir le NYHC, qui est un courant musical et une vague dans le temps, qui aujourd’hui me fascine toujours autant. Il y a toujours ce côté magique. J’ai du acheter mon premier disque de Sick of it All ou de Cro Mags en 1993 ou un truc comme ça, et c’est des disques que j’écoute toujours avec autant de plaisir.

Benoit qui pose devant sa collection de disques

C’est donc le style qui t’a suivi toute ta vie.

Ouais, carrément. C’est tout ce que je recherchais, puissance 10. Je me rappelle que la première fois que j’ai entendu Sick of it All, j’étais désarçonné par la violence. J’étais là : “mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?”. C’était inécoutable ! Et au final, j’ai apprivoisé un peu la bête et je m’y suis fait, je m’y suis habitué. Il y a ça et il y a aussi le fait que ça vient de NY, il y a la culture musicale mais il y a aussi la ville. La ville est LE personnage principal dans la construction de cette scène là.

Oui, l’identité n’est pas la même…

C’est pas Boston, c’est pas Los Angeles, c’est pas Seattle non plus, c’est pas San Diego… Voilà, c’est NY. Et il y avait ce truc, comme à l’époque cette ville était vraiment craignos et dangereuse. De fait, même si les autres villes n’étaient pas moins desservies, le hardcore new yorkais bénéficiait de la réputation de NY.

Et tu crois que c’est toujours le cas aujourd’hui justement ? Le NYHC d’aujourd’hui, c’est la même chose qu’avant ? Ou ça se repose un peu sur ses lauriers ?

Il y a toujours des vieux de la vieille qui sont là et qui vivent sur leurs lauriers parce que clairement, ce sont des types qui ne savent rien faire d’autre, qui ont appris à jouer de la musique en étant punk, et ils ont eu du succès et aujourd’hui, c’est toujours une manne providentielle pour eux donc, pourquoi s’en priver ? Ils le font très bien. Après, c’est un boulot maintenant, donc c’est plus pareil et c’est vraiment très codifié, ce n’est donc plus très intéressant… Il n’y a plus vraiment de groupes qui se mettent en danger. Après, je suis beaucoup moins à la page sur les groupes d’aujourd’hui, j’imagine qu’il y a toujours des groupes un peu dangereux et des vrais mecs craignos, mais est-ce que ça l’est encore réellement ? On sait très bien que tout ça, c’est plus du tout une menace pour la société… Le dernier groupe qui a fait peur, c’est quoi ? On ne sait pas… Après, c’est peut-être moi qui suis rodé, mais il n’y a plus rien qui m’impressionne, y a pas un groupe récemment qui ait fait un truc où je me suis dis “whoa, ces mecs là, ils sont trop bad ass”.

Du coup, tu estimes avoir fait le tour de la question mais tu continues quand même à acheter des disques ?

J’ai pas fait le tour de la question, mais j’ai fait mon tour. J’en parlais justement avec un pote il n’y a pas longtemps. Tout ça, quelque part, c’est un peu une quête et en fait, la musique, quand on est vraiment à fond dedans, c’est toujours le compagnon d’un parcours personnel. Par ma passion pour la musique, j’ai été amené à en vivre, à devenir tour manager, à partir un peu partout dans le monde, en Chine, en Ukraine, au Japon avec des groupes et au final, je crois que je suis un peu arrivé au bout de ce truc-là. Je suis très satisfait de ma vie maintenant et c’est grâce à la musique donc aujourd’hui, je n’ai plus besoin d’être aussi actif puisque j’ai eu ce que je cherchais. Je me connais beaucoup plus grâce à la musique, donc maintenant, je ne l’écoute plus de la même manière. Je n’hésite pas, justement, à ne pas suivre l’actualité et à retourner en arrière, à réécouter des groupes à côté desquels j’étais passé. Sauf Sonic Youth. Aujourd’hui, je regarde la musique un peu par le biais de ces parcours de vie justement. Un des derniers disques que j’ai acheté par exemple, c’est une réédition du Disquaire Day d’un album pas fini de Dennis Wilson, qui était un peu le bad boy des Beach Boys. Il a eu un parcours de vie qui est assez intéressant et un peu triste, mais voilà, c’est un truc que je trouve cool. Toute l’histoire des Beach Boys de toute façon est assez fascinante et il y a énormément de choses qu’on ne sait pas forcément. C’est peut-être une déformation professionnelle, mais quand tu travailles avec des groupes et que tu vis avec eux, tu vois un peu à l’intérieur, les petites cuisines, tu comprends pourquoi tel morceau sonne comme ça, etc. Et du coup maintenant, je crois que je réécoute de la musique par ce biais-là. Je n’écoute plus parce que c’est de l’actu et parce que c’est le dernier groupe à la mode qu’il faut écouter. Mais quand j’ai commencé à écouter de la musique, il n’y avait pas internet et donc le nombre de sorties était quand même assez limité et contrôlable. Un label, ça sortait un CD tous les 2-3 mois donc on pouvait se permettre de suivre toute l’évolution d’un label et de choper toutes ses sorties. Aujourd’hui, avec internet, tout le monde peut faire de la musique, tout le monde a accès à l’underground – qui n’existe plus d’ailleurs, parce que le principe de l’underground, c’était d’être caché – et on peut tout avoir à portée de clic.

Les derniers achats de Benoit

Oui mais paradoxalement, avec le fait qu’on ait une si grande offre, c’est difficile pour un groupe de sortir du lot…

Ouais mais aujourd’hui, ce qui est assez terrible, c’est que tout a été analysé, décortiqué et il y a beaucoup de musiques qui sont juste des copiés-collés. C’est vraiment “on fait un style” mais on ne le crée pas, il y a beaucoup moins de choses qui sont créées. Après, ce qui fait la différence, c’est le côté personnel. L’intensité qu’on met dans sa musique sera toujours inégalée si on y met vraiment tout son coeur, plus qu’un truc joué de manière académique. Aujourd’hui, tout le monde peut faire du Bad Brains, tout le monde peut faire du Agnostic Front et sonner exactement pareil. Après, il y a toujours des groupes qui sortent du lot, mais pour moi, ça passe vraiment par l’intensité.

Est-ce que tu as un disque préféré ? Celui que tu sauverais en cas d’incendie ?

Oui j’en ai un, c’est “Love songs for the unloved” de Sheer Terror, qui est mon disque préféré de tous les temps, celui avec lequel je me ferai enterrer. C’est probablement la question la plus dure que tu peux poser à quelqu’un qui achète beaucoup de disques, mais moi, j’ai la réponse.  

D’ailleurs, petite anecdote :  j’ai découvert un jour qu’un des mecs du groupe des Blues Brothers – mon premier disque et ma BO préférée donc – qui est un vrai trompettiste et est un tueur de studio, joue aussi sur l’album de Sheer Terror, où il y a des cuivres. Et ça m’a rempli de joie d’apprendre ça, d’une manière presque indescriptible !

Est-ce qu’il y a un concept de disque que tu as trouvé ridicule ? Ou un, au contraire, que tu as trouvé génial ?

Je n’en ai pas parce que j’avoue que ça me fait un peu flipper, mais aujourd’hui, il y a des disques creux dans lesquels on met du liquide. Y’a la BO d’un Vendredi 13 qu’est ressortie comme ça, c’est du faux sang à l’intérieur, et ils ont fait la même avec Alien, avec de l’espèce de sang d’alien. Mais ces disques apparemment sont poreux et le liquide finit par sortir tout seul donc ça craint un petit peu… Et ça coûte une blinde aussi ! Parce que c’est des collectors, donc forcément… C’est écoulé en 10 minutes sur le site et ça se retrouve à 500$ dans la semaine sur Discogs. Ca reste beau mais je le mettrai quand même un peu dans la catégorie ridicule. Après, dans les concept-albums en vinyles, je me rappelle que j’avais le 2ème album des Mars Volta, qui dure 80 minutes, et il faut tout le temps changer la face et ça coupe le côté immersif, je trouve. Pour le coup, c’est vraiment un disque qui est mieux en CD, même si l’objet était magnifique. J’ai du le vendre et je m’en mords vraiment les couilles parce qu’il était super beau… Après, j’ai un album de the Locust, super court, c’est 4 45 tours en pièces de puzzle qui s’assemblent tous les 4. D’ailleurs, the Locust avaient sorti un split 45t avec un groupe et le thème était les sécrétions humaines. Le 45t était en forme de tâche et il y avait 5 couleurs : le lait maternel, le sang, la pisse, la merde et la morve… Voilà, ça, c’est super ludique et je trouvais que c’était vraiment classe. Donc voilà, the Locust : palme d’or de l’originalité dans les disques ! J’ai un disque avec une pochette qui se joue, aussi, c’est rigolo. Ca marche pas très bien, mais l’idée est bonne.

Gif animé 45 tours puzzle de The Locust

Est-ce que tu as un rangement pour tes disques ?

Alphabétique. Simple. Juste, je garde à part les disques que j’ai pas encore trop écouté.

Est-ce que tu es du genre à plutôt planifier tes achats ? Tu te fixes un budget mensuel ou tu es complètement émotif ?

Pas du tout, c’est complètement free, ça marche à l’émotion et un peu plus à la collection ces derniers temps. Je m’aperçois, vu que tu me poses la question, qu’il y a des trucs que je veux depuis 1000 ans et que même quand je peux me les acheter, je zappe de le faire. Donc vraiment, je marche à l’émotion et peut-être un peu plus à la curiosité aussi maintenant.

Tu as une idée de ton budget mensuel ?

C’est top secret, haha. Trop ou pas assez, suivant de quel côté tu te places !

Ok ! Le rapport disque/live, comment l’appréhendes-tu ? Est-ce que tu attends quelque chose de différent du groupe que tu vas voir en concert, comparé au disque ?

C’est différent parce qu’aujourd’hui, on peut faire un disque qui sonne de ouf sans forcément en avoir les moyens financiers. On peut enregistrer un disque en 256 pistes si on en a envie, faire en sorte que ça sonne mega bad ass et tout truquer chez soi sur son petit MacBook. N’importe quel groupe débutant peut avoir un son qui tue, ce qui n’était pas forcément le cas à l’époque où moi j’achetais des démos de groupes, où c’était clairement le groupe qui jouait avec un ghetto blaster en mode REC et basta. Aujourd’hui, on peut vraiment faire des trucs classes, et c’est un peu le piège, parce que là où on n’a plus de limites financières sur l’enregistrement d’un disque, par contre, on en a dans le live. On ne peut pas forcément reproduire l’intensité d’un bel enregistrement quand on n’a pas forcément les moyens. On en revient à ce que je disais tout à l’heure, en fait, c’est une question d’intensité. Peu importe les moyens s’il y a le feu, on retrouvera le truc qu’on aime bien dans le disque sur scène, plus que des arrangements mieux travaillés ou quoi. Tu peux faire sonner un enregistrement comme tu veux, tu peux taxer des effets à des potes, tu peux taxer une super gratte bad ass à ton pote, mais si toi, quand t’es sur scène, t’as une pauvre guitare et que ça ne sonne pas pareil, de fait, ça ne sera pas pareil, sauf si tu le joues avec la même hargne.

Donc, un enregistrement d’aujourd’hui qui sonnerait cheap ou carrément démo, ça ne te fait pas peur.

Non, non, non. Je trouve qu’au contraire, ça peut servir le propos de l’artiste.

Qu’est-ce que tu penses de la spéculation sur Discogs ?

C’est la loi de l’offre et de la demande, même s’il y a des trucs qui sont clairement, clairement abusés. “C’est le jeu ma pauv’ Lucette”. Après, quand tu es vraiment à balle sur les sorties de disques, tu t’arranges pour ne pas les louper et avoir le disque que tu veux qui sera peut-être coté très haut plus tard. Même si clairement, parfois, tu ne peux pas… J’ai 2-3 objets en tête où c’était clairement pas possible de les avoir au moment où ils sont sortis et où maintenant, c’est hors de prix…

“Home is where the record player is”. Ca t’inspire quoi ? Tu trouves ça vrai ?

Oui oui oui, ça me parle, surtout en ce moment parce que je ne suis jamais chez moi, et que je continue d’acheter beaucoup de disques qui arrivent et qui s’empilent. Quand je suis sur une autoroute lointaine, parfois, je visualise vraiment ma platine, mon canapé et mon casque et je me dis “tiens, je préférerais vraiment être chez moi à enchaîner les disques et à écouter tous ces trucs”.

Qu’est-ce qu’il y a sur ta platine aujourd’hui, d’ailleurs ?

Là tout de suite, un disque des Go-Go’s, que Marie, ma copine, a écouté, mais que j’aime vraiment bien aussi, avec le morceau “Our lips are sealed”.

Platine-Benoit

Quels sont selon toi les meilleurs disquaires à Paris ? Et dans le reste du monde ?

A Paris, Music Fear Satan. Pour moi, c’est vraiment le meilleur, c’est là où y’a tout ce que je veux, tout ce qui me plaît. C’est pas cher, le mec est cool. Born Bad est évidemment aussi super cool, même si j’en suis moins le client type. Mais je trouve quand même toujours ! Ailleurs en France, Total Heaven à Bordeaux bien sûr ! Énorme sélection, tauliers au poil ! Dans le reste du monde, c’est un peu dur de choisir, car j’ai fait des disquaires de dingo. Generation Records à NY, qui était 100% hardcore punk et metal quand j’y suis allé en 2000, mais plus un truc d’occasion/diggers aujourd’hui, et donc moins pour moi. J’ai bien aimé Rough Trade à NY aussi, c’était cool. Y’avait un disquaire à Cologne, il y a pas mal d’années, qui était vraiment cool aussi mais je suis incapable de me rappeler de son nom. Les derniers qui m’ont vraiment bien plu, c’est quand je suis allé au Japon il y a 2 ans : Nerds Records à Tokyo, qui était vraiment génial et aussi Disk Union, qui est une chaîne de magasins. Ils possèdent un magasin par style et la sélection est proprement impressionnante. J’étais allé au Japon en me disant “non, je ne ramène rien” et je me suis ramené une trentaine de disques… Voilà, le bon disquaire, c’est le disquaire qui crée la surprise, qui arrive à mettre à mal tes bonnes résolutions de ne pas acheter de disques, et aussi celui qui te donne pas l’impression qu’il préfèrerait avoir la grippe plutot que de te parler, les mecs blasés façon FNAC. Ça existe encore, malheureusement. Après, en bon hardcore kid, j’achète toujours dans des distros, très souvent chez Straight and Alert, LA référence en France, ou carrément directement aux labels, surtout en cas de pré-commande.

Nos échanges touchent à leur fin. Tu as quelque chose à rajouter ?

Oui. Plus que de posséder plein de disques, ça reste plus important d’écouter ce qu’il y a dessus.

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3 réflexions au sujet de “Benoît, régisseur, 39 ans, Paris 19ème”

    1. hé oui! tom malone (au trombone en fait) a un palmarès impressionnant:
      The Blues Brothers, Blood, Sweat & Tears, Gil Evans, Frank Zappa, Billy Cobham, The Band, James Brown, Ray Charles, Stevie Wonder, Aretha Franklin, Al Green, Al Jarreau, Ashford & Simpson, Average White Band, Baja Men, Barry Manilow, BB King, BeeGees, Bette Midler, Billy Joel, Billy Preston, Clint Black, Bobby Bland, Bonnie Raitt, Bonnie Tyler, Boz Skaggs, Buddy Rich, Carly Simon, Cee-Lo Green, Chaka Kahn, Chuck Mangione, Cyndi Lauper, Count Basie, David Bowie, David Byrne, David Sanborn, Diana Ross, Dr. John, Earth, Wind & Fire, Eddie Murphy, Eddie Palmieri, Elton John, Eric Clapton, Etta James, Faith Hill, 50 Cent, Four Tops, Frankie Valli, Garth Brooks, Gato Barbieri, George Benson, George Clinton, Gloria Estefan, Gloria Gayner, Hank Crawford, Hanson, Harry Connick, Jr., Hector LaVoe, Herbie Mann, Hubert Laws, J. Geils Band, James Taylor, Jeff Beck, Jennifer Hudson, Jimmy Cliff, Jimmy Page, Joe Cocker, Joe Jackson, Johnny Mathis, John Mayer, Johnny Taylor, Jose Feliciano, Joss Stone, The Killers, Leo Sayer, Les & Larry Elgart, Levon Helm, Little Anthony & The Imperials, Little Milton, Little Richard, Lou Reed, Lou Rawls, Louis Bellson, Luther Vandross, Mandrill, Martha & The Vandellas, Marvin Gaye, Meatloaf, Meco, The Meters, Michael Brecker, Miles Davis, Mongo Santamaria, Nancy Wilson, ‘N Sync, Neville Brothers, The O’Jay’s, Olivia Newton-John, Pat Metheney, Paul Simon, Peter Frampton, Phil Collins, Phil Woods, Pink Floyd, Pointer Sisters, Ralph MacDonald, Randy Brecker, Randy Newman, Rick Danko, Ringo Starr, Robert Plant, Ron Carter, Rubin Blades, Rupert Holmes, Sam & Dave, Samantha Sang, Saturday Night Live, Sheena Easton, Shirley Bassey, Solomon Burke, Snoop Dog, The Spinners, Spyro Gyra, Stanley Clark, Stanley Turrintine, Stephanie Mills, Steely Dan, Steve Winwood, Sting, Stuff, The Stylistics, The Supremes, Teddy Pendergrass, The Temptations, Tina Turner, Tom Petty, Tom Scott, Tony Bennett, Usher, Van McCoy, Van Morrison, Vicki Sue Robinson, Village People, Vince Gill, Whitney Houston, Willie Colon, Willie Nelson, Wilson Pickett, Woody Herman, Jaroslav Jakubovič and many others.

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