Marina, vendeuse en magasin bio et auteure d’un blog musique, 33 ans, Montpellier

« ma collection de vinyles n’est pas si fournie que ça : non seulement parce que j’ai commencé à acheter des vinyles il n’y a que quelques années seulement mais aussi parce que je veux acheter des albums qui me plaisent vraiment et pas pour faire des concours de bite avec Machin ou Bidule, ça m’intéresse pas. En fait, je suis tout l’inverse d’un digger. Quand j’achète un disque précis, c’est parce que c’est relié à une émotion ou un moment particulier. »

Marina avec sa collection de disques

Ton premier contact avec un disque ou tout support musical ?

Alors c’est cheap mais faut bien commencer quelque part, mais il me semble que mon premier contact avec un support musical, c’était avec une cassette audio de Barbie, je devais avoir dans les 3 ou 4 ans ! J’étais fan absolue de Barbie et je crois que cette cassette était vendue avec la poupée. Ce qui est sûr, c’est que je l’ai écoutée en boucle pendant un bon moment ! Sinon, j’ai toujours écouté de la musique depuis toute petite, mes parents écoutaient surtout pas mal de pop/variété et mon père était particulièrement fan de Mylène Farmer mais écoutait aussi pas mal Dire Straits, Pink Floyd ou encore Depeche Mode. Ils n’avaient pas beaucoup de moyens donc ils n’ont jamais eu de grosse collection de vinyles, CD ou autres (à part les K7 de Mylène Farmer), on écoutait pas mal la radio en fait et on faisait pas mal de compiles cassettes en enregistrant la radio justement. Puis il y a eu aussi les cours de musique au collège, c’est vraiment à partir de ce moment-là que j’ai commencé à me forger une culture musicale, j’ai eu la chance d’avoir des profs vraiment éclectiques qui nous ont fait étudier aussi bien Mozart, William Sheller ou Carlos Santana, ça m’a marquée et ça m’a jamais quittée. 

La collection de K7 de Marina

Quel a été ton tout premier disque acheté ? Est-ce que tu l’as toujours ?

Je crois que ça devait être un CD 2 titres genre Un, Dos, Tres de Ricky Martin. Comme j’ai grandi dans les années 90, j’ai eu toute une pelletée de CD 2 titres à base de boys band, girls band, euro dance et autres. Comme ça coûtait pas si cher à cette époque (une trentaine de francs je crois), c’était super facile d’avoir une grosse collection de CD 2-titres, du coup dès que j’avais un peu d’argent de poche, j’en profitais pour m’acheter le CD 2-titres du moment ou je m’en faisais offrir pour Noël ou mon anniversaire. Étrangement, j’arrive pas tellement à me souvenir du premier album acheté mais je me souviens que j’étais complètement ouf quand on m’a offert le premier album de Britney Spears en CD. (Mal)heureusement, je ne possède plus tous ces 2-titres ni tous ces vestiges des 90’s mais je sais que le centre Emmaüs à coté de chez moi en a des tonnes, donc c’est pas impossible que j’en rachète quelques-uns pour le fun ! Par contre, une grosse partie de ma collection de CD établie en étant ado/jeune adulte est encore chez ma mère. 

Quel est ton support physique préféré et pourquoi ? Est-ce que tu achètes d’autres supports ?

Je crois que j’aime tous les supports mais clairement, le vinyle est sûrement celui que je préfère à l’heure actuelle, que ce soit pour le format, la qualité du son ou l’artwork qu’on peut admirer un peu comme un tableau. J’ai grandi avec les cassettes et les CD donc j’ai une affection particulière pour ces deux-là, et je possède bien plus de CD que tout le reste. J’achète encore également ces formats mais à une fréquence moins élevée que le vinyle : le CD est bien adapté notamment pour les longs trajets en voiture et la cassette pour le coté vintage/nostalgie, même si c’est un format qui revient véritablement en force dans les milieux alternatifs/DIY, et que j’ai un Walkman Sony qui tient encore la route. Je pense que je préfère nettement la cassette au CD, je me suis fait tellement de mixtapes quand j’étais gamine, j’aimais bien le côté « infini » de la cassette, tu pouvais enregistrer dessus des dizaines de fois. On peut dire que je suis nostalgique de pleins de trucs mais pas passéiste, j’ai plein de 45 tours complètement ringards mais c’est plus pour le souvenir de l’époque, c’est mon côté mamie. 

Quelques 45t de la collection de Marina

Tu écoutes aussi du digital ? 

Oui énormément et pour deux raisons : pas mal d’artistes ne font aucune sortie physique de leurs oeuvres et passent uniquement par le 100% numérique via Bandcamp notamment et aussi parce que c’est le format le plus pratique de tous. Comme je fais pas mal de sport en extérieur, je trouve ça vraiment cool d’avoir de la musique à portée de main, que ce soit sur le téléphone ou sur l’iPod. J’ai donc un abonnement à Apple Music, leur catalogue est hyper fourni et l’interface ergonomique. 

Je me souviens encore de la galère que c’était quand tu devais te balader avec ton Discman et qu’il rentrait pas dans les poches de ton blouson, hahaha! Donc rien que pour ça, merci à l’existence du digital. Donc mamie mais moderne quand même, haha ! 

Marina, son chat, et son lecteur K7

Es-tu sensible aux formats en édition limitée ou collector ? Et est-ce que tu y accordes de l’importance au point de pouvoir acheter un disque collector sans pour autant être super fan de l’artiste ?

Oui et non. Je suis pas mal de groupes punk/alternatifs qui sont dans cette démarche là en ne sortant que quelques cassettes et dans ce cas, je vais les acheter pour montrer mon soutien (et aussi parce que j’aime beaucoup trop les K7). J’y suis sensible quand l’artiste a un univers à la fois musical et visuel très fort et que ça apporte une plus-value à la musique. Mais je ne me jette pas dessus, surtout si c’est un-e artiste que j’apprécie modérément. Je m’en fous de posséder un truc à tout prix juste pour avoir la frime de dire « ouais, ce disque a été édité à XXX exemplaires dans le monde, j’ai le n° XXX », surtout que certaines éditions collector/limitées coûtent les yeux de la tête sans que ce soit véritablement justifié. C’est d’ailleurs aussi pour ça que ma collection de vinyles n’est pas si fournie que ça : non seulement parce que j’ai commencé à acheter des vinyles il n’y a que quelques années seulement mais aussi parce que je veux acheter des albums qui me plaisent vraiment et pas pour faire des concours de bite avec Machin ou Bidule, ça m’intéresse pas. En fait, je suis tout l’inverse d’un digger. Quand j’achète un disque précis, c’est parce que c’est relié à une émotion ou un moment particulier. Ça m’est arrivé plus jeune d’avoir ce comportement; j’avais acheté une édition limitée de Es Reiten Die Toten So Schnell de l’artiste allemande darkwave Sopor Aeternus. C’était un coffret noir qui contenait des pictures discs somptueux, plusieurs photos mais aussi de la terre de cimetière, des hosties, bref le truc était goth à mort, super bien foutu, visuellement impactant, tiré à 666 exemplaires mais concrètement, c’était plus un objet d’art à part entière qu’une pièce de musique. Enfin, la démarche était hyper cohérente avec la musique proposée, je comprenais le délire mais bizarrement, je ne tirais aucune satisfaction à avoir ce coffret parce que j’étais pas plus fan que ça de sa musique au départ, du coup, je l’ai revendu. Donc les fois où je m’octroie des éditions limitées, c’est quand c’est un artiste/groupe pour lequel j’ai du respect et de l’admiration et que ça s’inscrit avec cohérence dans leur démarche artistique. Mon dernier achat dans ce style, c’est pour le dernier album d’Igorrr. 

Parlons un peu de compiles maintenant. Est-ce que tu en as et est-ce que tu aimes ça ?

J’en ai très peu et j’y pense pas spontanément lorsque je me mets en quête de nouvelles choses à écouter alors que plus jeune, je trouvais ça super cool parce que ça permettait de découvrir une tonne d’artistes. Je lisais pas mal de magazines de musique quand j’étais ado et très souvent, le magazine offrait un CD-compile, d’ailleurs j’ai gardé tous les CD du magazine Elegy auquel j’étais abonnée (la nostalgie encore une fois !) Alors j’essaie de m’y remettre en fait, notamment parce que j’en ai découvert des sympas ces dernières semaines et qu’elles joignent l’utile à l’agréable (genre la compile de The Ghost Town Initiative en faveur de la CNT 33 ou Quarantaines qui vient en aide aux migrant-e-s). Ce qui assez paradoxal parce que souvent, on me demande de faire des playlists dans tel ou tel genre et que ça m’amuse beaucoup de le faire. D’ailleurs, j’ai beaucoup plus recours aux playlists sur Apple Music qu’aux compiles à proprement parler (enfin, tu me diras, c’est le même concept, y a que le nom qui change) 

Est-ce que tu fais attention à l’artwork des disques ? C’est quelque chose d’important pour toi ? C’est quoi tes pochettes préférées ?

A FOND ! Comme je le disais plus tôt, j’aime les artistes qui proposent un univers visuel très fort et je pense que tout ça vient du fait que j’ai grandi en regardant énormément la tv, donc je me suis gavée de films, de séries en tout genre et surtout de clips. Les images sont très importantes pour moi. En parlant de clips, ceux qui m’ont le plus marquée, ce sont ceux de Mylène Farmer vu que j’ai grandi avec ça. Alors on peut remettre en question sa musique en tant que telle, mais pour ce qui est des clips ou des pochettes d’albums, elle a bien posé les bases en France et je pense que ça a façonné mes goûts (dans une certaine mesure) en matière d’arts visuels. Et je trouve qu’il y a certains genres musicaux, notamment electro, qui ont besoin d’avoir des visuels très forts pour exister et se distinguer, vu que ce genre est perçu pour beaucoup comme « abstrait » ou sans véritable identité; d’ailleurs un de mes premiers chocs en la matière, c’est la pochette pour Windowlicker d’Aphex Twin, tellement WTF mais qui s’imprime dans ta rétine à tout jamais. Idem pour Mr Oizo qui a super bien réussi son coup avec la peluche Flat Eric, la musique est indissociable du personnage. Dans les pochettes que j’apprécie énormément, il y a EZ3kiel qui fait des artworks de malade, hyper détaillé et léché. J’aime aussi beaucoup les pochettes de Converge, Jacob Bannon est juste une grosse brute en design/mixed media. Dangerous de Michael Jackson est sûrement une de mes préférées de tous les temps. Cela dit, je suis toujours un peu déçue quand l’artwork des albums de groupes que j’aime sont moches, j’essaie de m’interroger sur le pourquoi de ce choix, quel est le lien avec l’album dans son ensemble, etc. Mais il y en a bien trop pour que je les cite toutes. Heureusement que t’as pas posé la question sur les clips préférés ! 

Artwork de la pochette de Converge Jacob Bannon

Les plus beaux artworks de la collection de Marina

As-tu déjà acheté un disque d’un groupe ou artiste que tu n’aimes pas spécialement juste parce que tu aimais bien l’objet ?

Oui, j’ai acheté cet EP d’un groupe de grindcore finlandais parce que le disque est un peu crado et que le nom du groupe est plutôt drôle (Vaselin) alors qu’en soi, le grind ça me saoule vite. Y a aussi cette K7 d’un DJ finlandais (encore) parce que son nom aussi est rigolo et que la K7 est DIY du début à la fin mais en fin de compte, sa musique est vraiment pas mal donc bonne surprise ! 

Y’a-t-il un style de musique prédominant dans ta discothèque ?

Difficile à dire, il y a un peu de tout représenté mais je pense que l’indie rock et l’electro (et tous ses sous-genres) sont les plus présents. 

Tu as un disque préféré ? Celui que tu sauves en cas d’incendie ou d’inondation ?

Pfff la question à un milliard d’euros ! J’y ai réfléchi des milliers de fois à cette question, et à chaque fois, la réponse change. Même si j’ai une affection particulière pour chacun de mes vinyles, CD, K7, parce qu’ils sont profondément rattachés à un souvenir, un moment, un endroit, je me dis que c’est que du matériel et que tout ça existe d’une manière ou d’une autre en version numérique. Mais cela dit, ce que je sauverais, ça serait ma peluche Flat Eric. Elle m’a été offerte par un ami et elle a surtout une valeur sentimentale. Puis comme je le mentionnais juste avant, Flat Eric, c’est un symbole que tout le monde connait, même si t’aimes pas musicalement Mr Oizo, tout le monde aime la peluche je pense ! Encore une fois, je me rattache vachement au souvenir que ça évoque. 

peluche Flat Eric de Marina

Au delà de la pochette des disques, qu’est-ce que tu penses des disques « concept » ou « concept albums » ? Tu trouves ça plutôt cool ou ridicule ? Ça t’évoque quoi ? 

A une époque, j’avais bien aimé l’album Catch Thirtythree de Meshuggah où le fil rouge du disque est un riff de guitare. En fait, l’album est juste un seul morceau mais divisé en 13 parties et je trouvais ça audacieux de faire «plusieurs » chansons en utilisant toujours la même mélodie. Actuellement, j’aime beaucoup le projet solo de Laure Le Prunenec, Rïcïnn, elle chante dans une langue qu’elle a elle-même inventée ! C’est une sorte de heavenly à la Dead Can Dance. Tu comprends pas ce qu’elle chante mais il y a énormément d’émotions dans sa voix. 

Comment ranges-tu tes disques ?

Alphabétique. Pour moi, c’est vraiment le plus simple parce qu’un même artiste peut parfois évoluer dans plusieurs genres en même temps; et quand j’ai plusieurs oeuvres d’un même artiste, c’est rangé par ordre de sortie. Puis, ça permet de voir se côtoyer des artistes et genres qui n’ont rien à voir, c’est toujours rigolo de voir Dvořák entre Deftones et Electric Wizard par exemple. En revanche, les BO sont à part mais rangées par ordre alphabétique de films, quant aux cassettes, certaines sont sorties sous le même label donc elles sont classées suivant leur date de sortie sur ce label. Je m’y retrouve très bien dans cette (non)-logique. 

Quelques CDs et DVDs de Marina

Comment est-ce que tu te renseignes sur les sorties ? Est-ce que tu planifies tes achats ? Et qu’est-ce qui va motiver l’achat d’un disque chez toi ?

Pour les sorties, je traîne un peu partout : le site Sens Critique, les sections « pour vous » et « explorer » d’Apple Music, un peu Bandcamp mais aussi mes contacts sur Facebook qui ont sensiblement les mêmes goûts que moi et je suis également beaucoup d’artistes sur divers réseaux sociaux. En revanche, je planifie très rarement mes achats, voire jamais. 

Et en concerts, par exemple, tu achètes aussi des disques ? Même si c’est pas sur ta liste ?

Maintenant quand je sais que je vais en concert, je fais toujours en sorte d’avoir un peu de cash sur moi pour acheter du merch, que ce soit un t-shirt ou un disque. C’est d’ailleurs plus souvent des t- shirts, j’ai déjà assisté à des concerts où y avait zéro disque en vente, un comble ! Sinon, quand le CD ou le LP coûte trop cher, je me rabats sur les cassettes. 

Marina a son poste, en train d'écouter de la musique

As-tu un budget mensuel ?

Pas du tout. A ce niveau, je marche à l’instinct/envie. Il va y avoir des mois où je vais dépenser à mort (formats physiques et numériques) et d’autres où ça va être calme plat. Puis soyons honnêtes, pour le moment je n’ai ni la place ni l’argent pour acheter et collectionner des disques ! 

C’est quoi le plus d’argent que tu aies dépensé dans un disque ?

Je crois que c’est justement le coffret d’Igorrr acheté il y a quelques semaines qui m’a coûté 75€. Pour certains, c’est une bagatelle mais moi je trouve ça dingue comme somme pour un disque ! Bon, c’est une édition limitée (comme souvent chez lui) mais le coffret est assez ouf, y a tout dedans : 2 vinyles, CD, cassette, un livret photo qui retrace l’enregistrement de l’album et y a même un puzzle ! Et l’artwork est signé Fortifem, que je vous conseille d’aller checker tellement c’est mortel ce qu’ils font ! 

coffret Igorrr de Marina

C’est qui les meilleurs disquaires dans ta ville ? Ailleurs en France ? Dans le monde ?

Déjà, je n’habite pas en centre-ville donc je ne vais pas souvent chez les disquaires. Pour être honnête, je n’aime pas vraiment me rendre chez les disquaires, ils ont le don de te prendre de haut, surtout quand t’es une meuf, comme si t’étais pas capable d’avoir autant de connaissances qu’eux si ce n’est plus. Alors pas tous évidemment, mais en tout cas, ici à Montpellier, ça m’est déjà arrivé, j’ai même remis à sa place un mec qui bossait chez O’CD et qui s’est retrouvé comme un con quand je lui ai fait l’historique du punk hardcore/grindcore alors que j’avais dégoté un maxi d’Agoraphobic Nosebleed, le gars a cru que c’était du punk- rock à la Sum41 juste parce qu’il y a un gars qui fait du skateboard sur la pochette ! Sinon à Nîmes, il y a Trou Noir qui a une sélection indie vraiment riche et hyper intéressante (et le patron est à la cool et très ouvert). En revanche, j’aime bien aller visiter les disquaires quand je suis à l’étranger. En Finlande surtout, je conseille Swamp Music à Tampere, spécialisé dans le metal/hard-rock et musiques de films, Tritone pour tout ce qui est rock des années 60 et à Helsinki, Teen Wolf Records (punk/hardcore/rock indé) et Digelius Music pour la musique classique et le jazz. A Londres, Phonica Records a un choix vraiment pointu en matière d’électro (en particulier techno et drum’n’bass) et à Prague, Maximum Underground, c’est un magasin sur deux étages, avec des meubles en bois assez désuets mais blindés de CD et de vinyles dans tous les genres possibles dans chaque recoin. Sinon, j’achète beaucoup en brocante, Emmaüs ou Gibert Joseph, parfois dans les bourses aux disques mais faut savoir fouiller pour éviter de se faire arnaquer niveau tarif, et je commande aussi directement sur les sites des labels. 

quelques disques appartenant à Marina, Agoraphobic Nosebleed

Quand tu vas voir un.e artiste en concert, est-ce que tu attends quelque chose de différent du disque ? Ou est-ce que tu aimes bien que ce soit réinterprété par rapport à ce qui a été enregistré ?

J’aime être surprise. Quand c’est trop carré, trop parfait, ça m’emmerde. C’est le cas pour EZ3kiel, ils sont super bons, la scénographie est chanmé aussi mais musicalement, y a rien qui dépasse, pas d’impro, je trouve ça dommage. Parfois, certaines chansons ont beaucoup plus d’ampleur en live qu’en version studio, d’ailleurs c’est souvent des chansons que tu kiffes pas tellement sur album et qui prennent une toute autre dimension en live, comme si elles étaient écrites justement pour ça. Puis j’aime bien quand un groupe a des interactions avec le public, ça le rend un peu plus « accessible ». C’est relativement rare que je sois déçue par l’expérience live, même pour des artistes de renom qui ont tendance à perdre de leur superbe, genre Marilyn Manson y a deux ans aux Arènes de Nîmes; alors c’est sûr que le gars n’est plus aussi en forme qu’il y a 20 ans et y a eu quelques loupés sur certaines paroles mais objectivement, le mec a assuré le show pendant 1h45, sous un soleil de plomb, a changé plusieurs fois de costumes, c’était pas si mal. La seule fois où j’ai été vraiment déçue au point de me barrer, c’était pour The Detroit Cobras où la chanteuse était ivre morte, chantait à 1m du micro, insultait le public, c’était atroce ! Comme dirait Dewey dans Malcolm « je ne m’attendais à rien et je suis quand même déçu » haha ! Je trouve que c’est mépriser son public ce genre d’attitude, il paie pour que tu lui fasses passer un moment sympa, il te soutient en achetant tes disques et en assistant à tes shows, et tu te permets de faire n’importe quoi, pff ! 

Le disque d'Ezekiel de Marina

Les disques d'Ezekiel de Marina

« Home is where the record player is », est-ce que ça te parle comme phrase ?

Oui et non ! Evidemment que c’est toujours mieux d’écouter la musique chez soi parce que c’est ta zone de confort et c’est toujours agréable de faire découvrir aux autres ce que tu aimes mais à vrai dire, je me sens n’importe où chez moi du moment qu’il y a de la musique que j’aime, même quand je fais du roller dehors ! 

D’ailleurs, c’est quoi ta platine ? Et qu’est-ce qui tourne dessus ?

Quand j’ai commencé ma collection de vinyles, mon parrain m’avait filé un vieux tourne-disque Radialva mais le moteur est mort à petit feu. Cela dit, toujours dans un souci de nostalgie, je l’ai gardé, il doit dormir dans le fond de mon garage et je pense que je le sortirais pour la déco quand je déménagerais. Sinon, j’ai décidé d’investir un peu et j’ai une Pro-Ject Debut Carbon 2M avec un préampli phono Pro-Ject et une installation son bien geek avec un ampli 7.1 et des enceintes vintage (en fait, c’est une installation son cinéma, si ça intéresse du monde pour les détails, faites-moi signe). Donc sur la platine en ce moment, c’est surtout le dernier Igorrr. 

La platine de Marina

le disque qui tourne sur la platine de Marina

Qu’est-ce que tu penses de tout ce qui est spéculation autour des disques, sur Discogs, sur Ebay…?

Je passe mon temps à acheter en occasion alors c’est un truc qui me dépasse. Je comprends pas la spéculation sur l’art et la culture en général, pour moi, c’est quelque chose qui devrait être accessible à tous et à un prix raisonnable et juste, un peu comme le commerce équitable mais pour la musique. Alors oui, je traîne sur Discogs mais je m’en sers comme base de données pour savoir ce que j’ai et pas du tout pour savoir combien coûtent les disques que je possède. Même les trucs en occase dessus coûtent un rein et demi. Encore une fois, c’est un truc pour les gens qui aiment se toucher le pipi et/ou se faire mousser parce qu’ils ont acheté ou vendu un truc qui coûte un SMIC, comme si ça les faisait passer pour des personnes trop cools. On revient à ce que je te disais plus haut, comme je suis pas digger, ça me parle absolument pas de dégoter un disque à tout prix, même s’il est prohibitif. 

C’est quoi pour toi la meilleure façon d’écouter un disque ?

Avec ses oreilles ! (J’aime l’humour, haha) Blague à part, pour moi, toutes les façons sont bonnes, chacun entretient une relation différente avec la musique. 

L’interview touche à sa fin. Tu as quelque chose à rajouter ?

Je vais en profiter pour faire un peu d’auto-promo : je tiens un blog musique où je fais quelques chroniques d’albums, des live reports, etc. C’est pas ouf mais c’est ma manière à moi de faire partager, découvrir ma passion de la musique et de la rendre accessible à ceux qui sont en général hermétiques à certains genres musicaux, donc comme on a tous plus ou moins du temps à tuer ça se passe par ici et j’ai aussi un compte Instagram qui va avec : @aurayonmusique, mais je ne suis pas hyper régulière dans la mise à jour de tout ça. 

Aussi, en cette période de confinement et où tous les concerts et festivals sont annulés ou reportés, je pense que c’est important de continuer à soutenir les artistes qu’on aime, que ce soit en achetant des disques (physique ou numérique) ou du merch quelconque. 

Et bien sûr, restez chez vous autant que possible et écoutez plein de musique ! 

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