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Léna, ingénieure-développeuse, 27 ans, Tours

« Quand j’ai commencé à vraiment aller en concert, je ne me suis plus jamais arrêtée. J’en fais 50-60 par an, plus des festivals… C’est mon truc en fait, c’est mon hobby ! Quand les gens me disent « qu’est-ce que tu fais dans la vie ? », j’ai pas envie de leur dire « je suis ingénieure », j’ai envie de leur dire « je vais en concerts ! » Alors oui, après, c’est pas ce que je fais de 9h à 17h et c’est pas ce qui me permet de payer mon loyer, mais c’est plus proche de mon identité que mon boulot. »

Quel a été ton premier contact avec un disque ? Et ton tout premier disque acheté ? Est-ce que tu l’as toujours ?

Des CDs, il y’en avait toujours chez moi. Mes parents avaient une collection dans des tiroirs, dans lesquels je piochais. On avait des cassettes un petit peu aussi. Mon premier CD à moi, si on dit que c’est un vrai album par un artiste, pas un truc style comptines, eh bien c’est Britney Spears, et j’avais 8 ans ! Il est juste là, dans le tiroir… Donc oui, je l’ai encore. J’ai aussi ma première cassette, parce que mon père m’enregistrait des trucs, avec genre « Barbie Girl » ou « Torn » de Natalie Imbruglia… Des trucs bien années 90 ! La cassette, je l’ai encore, y’a encore l’étiquette avec écrit « Aqua – Barbie Girl » dessus ! Les CDs de mes parents, c’étaient des trucs genre les Clash – d’ailleurs aujourd’hui encore, y’en a des traces partout dans mon appartement – beaucoup de punk des années 70 pour mon père, ma mère, c’était plutôt de la pop d’un peu toutes les décennies possibles et imaginables. Y’avait leur collection de CDs, et puis y’a eu aussi Napster, LimeWire tout ça qui sont arrivés. Et mon père, grand fan de musique, n’arrêtait pas de télécharger comme un malade, de graver des CDs, il imprimait les jaquettes et tout… Donc les tiroirs se sont étendus encore plus. Après, on les a mis dans des iPods. J’avais un iPod mini qui était bourré comme pas possible, puis un iPod classique encore plus. Je passais des heures à organiser ma bibliothèque.

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Dans la médiathèque de ma ville, tu pouvais prendre 5 CDs, donc mon père prenait à chaque fois 5 CDs, il rentrait à la maison, il les mettait sur iTunes, il les copiait éventuellement en physique, et après il rendait et il en reprenait 5… Et moi, j’ai refait la même chose dans ma vie. Aller à la FNAC, sortir avec des piles de CDs, ou aller à la médiathèque, copier, mettre sur mon iPod… Je ne sais pas si on avait tant une volonté de collectionner, mais plutôt un côté « auditeur obsessionnel ». En fait, même aujourd’hui j’y réfléchis beaucoup, et je ne pense vraiment pas que je collectionne, mais plutôt que j’archive ma vie, surtout pour les vinyles. Soit j’achète ce qui sort en ce moment et que j’aime bien, soit je comble les trous, par exemple de l’époque où je n’achetais pas de vinyles, donc des trucs que j’ai en CD et que j’ai envie d’avoir en vinyle.

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Quel est ton support physique préféré et pourquoi ? Est-ce que tu achètes d’autres supports ?

Le vinyle, mais pas depuis si longtemps. Ca a commencé quand j’étais ado. J’étais à fond CD, mais mes parents avaient quelques vinyles coincés en bas d’une étagère que personne n’écoutait, avec une platine qui était cassée. Donc j’achetais plein de CDs, mais j’ai aussi commencé à aller à des brocantes et à acheter des vinyles. Ca me semblait être la continuité logique. Mes parents me disaient « un jour, on te filera notre platine, on la fera réparer, et on te filera la collection de disques ». Et donc, j’ai commencé à acheter des vinyles, mais par contre, j’achetais plutôt des vieux trucs, années 70. Ca me paraissait être le format qui allait avec l’époque.
Donc j’en avais acheté un peu, et puis je me suis rendue compte que je n’allais pas avoir la platine et que je n’allais pas avoir les vinyles, donc j’ai arrêté. Quand j’étais étudiante, j’ai du en acheter un ou 2, j’avais pas de moyen de les écouter, mais c’est pas grave car c’était des beaux objets. Y’avait un vinyl club dans mon école d’ingé ! C’étaient des mecs qui tenaient ça, mais ils étaient à fond dans l’électro et le principe, c’était de venir et de leur emprunter des vinyles. Mais moi ce que je voulais, c’était venir écouter mes vinyles sur leur platine ! Je pense que si je m’étais ramenée avec mon vinyle genre « bonjour, ça c’est un truc acoustique, je peux me poser et l’écouter tranquillement ? », ça serait pas passé, haha.
Après, je suis allée vivre à Londres, et j’achetais des CDs, vachement. Tous les dimanches, c’était un rituel : j’allais à Brick Lane, j’achetais mon café, je buvais mon café à Rough Trade East, je me mettais sur leurs stations pour écouter les nouvelles sorties, et si un truc me plaisait, je l’achetais. Et après, j’allais manger de la street food. Tous les dimanches ! Maintenant, ça me manque. Mais du coup, j’étais encore sur des CDs à ce moment là… Je me souviens même, je bossais dans la recherche sur la cognition musicale et sur la psychologie de la musique, et même mon superviseur, qui était plus âgé que moi, était étonné que j’achète encore des supports physiques. Puis, je me suis fait des potes en concerts, et par contre, eux étaient à fond vinyle, genre collection de 500-600 disques. Donc j’allais en concert et je demandais aux groupes « vous avez un CD ? » et mon pote derrière me disait « mais prends le vinyle ! » Donc ça a commencé comme ça, et puis 2 ou 3 semaines plus tard, je vais à Rough Trade East et j’achète un vinyle. Je crois que c’était il y’a pile 4 ans d’ailleurs, car je l’ai vu sur mon téléphone. A partir de ce jour-là, j’ai commencé à en acheter et à avoir une petite collection de 20-30 disques dans ma petite chambre, alors que je n’avais toujours pas de platine ! Et puis quand je suis revenue en France avec ma toute petite collection, là, j’ai acheté une platine et j’ai commencé à en acheter plus. Donc maintenant, je n’achète plus de CDs. Mais parfois, des cassettes à l’occasion.

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Tu parlais de tes iPods tout à l’heure, donc tu écoutes aussi du digital ?

Ouais. J’ai Spotify. J’aime beaucoup le digital en fait. Après, c’est une question de savoir l’utiliser de manière responsable, je pense. Donc par exemple, tout ce que j’écoute sur Spotify, souvent, je vais faire l’effort d’aller l’acheter. Inversement, ce que j’ai déjà en support physique, je l’écoute aussi sur Spotify. Ils font des top 100 de tes chansons préférées à la fin de l’année, et j’ai regardé l’année dernière : combien de ces chansons ai-je en physique ? Et il y’avait 60 chansons que j’ai en vinyle. Après, j’avoue, certaines de ces chansons étaient sur le même album, parce que j’écoute pas mal de nouvelles sorties. Mais je me suis dit que 60, c’est déjà pas mal !

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Es-tu sensible aux formats en édition limitée ou collector ? Et est-ce que tu y accordes de l’importance au point de pouvoir acheter un disque collector sans pour autant être super fan de l’artiste ?

Pas vraiment. En fait, il y’a tellement de choses que j’ai envie d’acheter, des choses que je n’ai pas achetées dans ma vie pour plein de raisons… J’ai tellement une liste de choses que j’ai envie d’avoir, que ce genre de formats là, c’est pas ma priorité. Par contre, si je trouve quelque chose de ma liste en plusieurs éditions disponibles, je vais peut-être prendre ma préférée, celle que je trouve la plus jolie. Pas forcément la plus limitée, mais celle qui me plaît le plus. Donc c’est d’abord la musique, ou l’album, et après, le côté esthétique ou collector.
Après, y’a quelques albums peut-être, genre s’il y’a une réédition et que je ne l’ai pas dans ma collection, peut-être que je vais me dire « celui-là, je ne l’ai pas et je vais le prendre en telle version ». Aussi, il y’a des disques que j’ai en plusieurs versions. Y’a un album, je l’ai 2 fois en vinyle et une fois en CD… Mais bon, c’est parce que ce sont des albums importants. Par exemple, le Courtney Barnett qui est sorti en 2015, j’ai acheté le CD à Rough Trade, et ensuite, 2-3 mois plus tard, j’ai acheté le vinyle, même si je n’avais toujours pas de platine… Et puis, encore un mois plus tard, l’édition limitée, que j’ai fait venir d’Australie, haha !

Parlons un peu de compiles maintenant. Est-ce que tu en as et est-ce que tu aimes ça ?

Je ne suis pas fan de compiles. En fait, j’aime bien compiler moi-même, faire mes propres playlists. A l’exception peut-être des compiles de labels, parce que je découvre vachement de nouvelles musiques via les labels quand ils sortent des samplers ou des trucs comme ça. Y’a Merge Records, qui fait des samplers genre saison 2018 ou je ne sais quoi. Après, j’ai aussi mes labels préférés, en Angleterre, aux Etats-Unis et en Australie. J’aime bien Specialist Subject Records, Alcopop! Records, Everything Sucks an Angleterre… Aux Etats-Unis, j’aime bien Get Better Records, Father/Daughter Records et Merge. Dead Oceans, Double Double Whammy… Je trouve que c’est un bon moyen de découvrir des groupes. Et même parfois quand ils vont tweeter des recommandations… Dans ces labels, ce sont des gens qui ont les mêmes goûts que moi, ou alors en qui j’ai confiance.

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Est-ce que tu fais attention à l’artwork des disques ? C’est quelque chose d’important pour toi ? C’est quoi tes pochettes préférées ?

Est-ce que c’est important ? Peut-être pas dans la décision pour acheter… Après, j’apprécie carrément un bel artwork. Mais au moment d’acheter, je ne vais pas me dire « non non, je ne l’achète pas parce que la pochette est moche ». Et puis comme je le disais tout à l’heure, c’est pas non plus le truc qui va me faire acheter le vinyle. Donc la manière dont j’achète, c’est soit je tombe dessus et c’est quelque chose que je voulais depuis longtemps donc je le prends, ou alors je tombe dessus et je me dis « tiens, pourquoi pas ! ». J’achète pas mal de nouveaux trucs, du coup, quand c’est annoncé, je me le mets dans la liste, ou alors si c’est vraiment un artiste que j’aime beaucoup, je le commande direct ! Des fois, j’attends un premier single et le premier single ne me convainc pas. Des fois au deuxième single, je me dis « ok, ça va être génial ! » donc je précommande. Des fois j’attends l’album, l’album me plaît pas et je l’enlève de ma liste. J’ai une liste que je tiens comme ça, je mets à jour… J’en ai pas mal des listes ! Je fais des listes d’albums que je ne concrétise jamais ou que je n’écris pas, mais je tiens aussi des trucs du style « les albums avec lesquels j’aimerais être enterrée » ou des trucs comme « les albums que je peux écouter allongée sur mon lit sans bouger de A à Z », « les albums : si je devais me marier avec quelqu’un un jour et que la personne ne peut pas écouter cet album, eh bien alors ça ne marche pas ». Tu vois, des catégories chelou comme ça ! Par contre, me demander de faire un top 10 de mes sorties préférées de l’année, c’est trop dur.
Après, est-ce que j’ai des pochettes préférées ? Euh, je crois que oui… Je suis fan des Yeah Yeah Yeahs depuis que je suis ado. Karen O a fait un truc en solo, je suis tombée dessus à Londres une fois et je me suis sentie obligée de l’acheter. Je me suis dit, s’il se présente devant moi, c’est un signe du destin. Je ne sais pas s’il y’a d’autres éditions, mais en tout cas, j’aime bien la pochette ! Y’a des dessins, un livret et il est bleu…

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En fait, je n’ai pas nécessairement une appréciation esthétique de la pochette, mais quand je vois la pochette, je pense à l’album, donc forcément, je finis par bien aimer les pochettes parce que je me dis « ah oui, c’est cet album que j’aime bien ». Le tout va ensemble, pour moi, la pochette m’évoque ce qu’il y’a dedans, la musique. Je ne peux pas détacher l’un et l’autre. Y’a des choses peut-être que je n’aimais pas esthétiquement, mais en fait, à force d’écouter l’album, je l’associe à la musique que j’aime beaucoup.

Y’a-t-il un style de musique prédominant dans ta discothèque ?

Ouais, je pense… Après les genres, c’est un peu compliqué, tu mets 3 mots à la suite et tu ne sais toujours pas de quoi tu parles, mais je pense indie rock, indie pop, indie punk pop, et j’aime même pas le mot indie… DIY peut-être ? Après, ce sont des scènes en fait, beaucoup. T’as la scène anglaise DIY parce que je suis vachement allée en concert là bas et que j’y ai des amis, t’as tout ce qui est scène DIY côté Philadelphie, New York… Petits labels indépendants américains… Et j’ai à peu près la même chose en Australie. Donc c’est orienté sur ces 3 pays là. Et puis du rock indépendant avec songwriters, et plutôt des femmes…

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Et alors, tu as un disque préféré ? Celui que tu sauves en cas d’incendie ou d’inondation ?

De toute ma vie ? Wah. Un seul disque ? Ca veut dire que tous les autres sont partis ? Je vais me mettre à pleurer devant toi, haha. Bon alors, un disque préféré, si je devais le sauver… Et tous les autres sont partis en miettes…

Mais non, faut pas penser à ça ! Pense au disque que tu sauves !

Le disque que je sauve… Alors voilà, est-ce que je sauve le disque que je préfère écouter ? Est-ce que je sauve un classique ? Est-ce que je sauve un autre truc ? Hm…

Alors j’aime beaucoup cette question, parce qu’en fait, tout le monde l’interprète différemment ! Il y’a les gens qui vont aller vers le disque qui a une grosse valeur sentimentale, même s’ils ne l’écoutent jamais parce que c’est devenu un peu nul… Il y’a les gens qui vont aller vers leur disque préféré du moment… D’autres vers un classique dont ils ne se lasseront pas…

Alors je vais me rapprocher de mes disques pour les regarder, peut-être qu’une idée va me venir. Tiens, celui que j’ai en 3 exemplaires, est-ce que je peux sauver les 3 ? Haha. Non, ça ne servirait à rien. Voilà, je pense à celui-ci : Allison Crutchfield. J’adore ce disque. J’adore les sœurs Crutchfield, et ce que fait Allison en particulier. Cet album solo, je le trouve génial, y’a des mélodies géniales, des paroles qui me tuent… Quand tu l’entends, tu te dis « mais non, qui a écrit ça ? ». Je l’écoute à fond. Et si je devais me faire enterrer avec un album, celui-là, il est dans la liste.

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C’est bien noté pour la postérité ! Au delà de la pochette des disques, qu’est-ce que tu penses des disques « concept » ou « concept albums » ? Tu trouves ça plutôt cool ou ridicule ? Ca t’évoque quoi ?

Je me demande si tous les albums en soit ne sont pas des concept albums, parce qu’il peut y avoir une réflexion sur le fait de faire quelque chose de cohérent. Après, d’annoncer un concept album, ça peut être cool mais ça peut tourner au ridicule rapidement. Dans mon adolescence, je me souviens d’ « American Idiot » de Green Day, l’opéra punk rock. Pourquoi pas ! Après, ça pouvait s’écouter en faisant abstraction du concept. Donc non, je ne vais pas trop courir vers les concept albums, c’est peut-être un peu prétentieux des fois.
Après, j’aime beaucoup le format album. Quand les albums sortent, tous les vendredis, j’ai un rappel sur mon téléphone qui me fait « wouhou ! nouvelles sorties ! » et donc je vais sur Spotify, je parcours mes mails pour voir les newsletters Bandcamp ou de labels, et je me fais ma playlist sur Spotify, mes petits liens de trucs à écouter dans le week-end, et après je me pose vraiment, tranquillement, pour une écoute attentive avec un casque et j’écoute un album de A à Z. J’écoute vraiment le format album, attentivement. Et j’aime bien qu’il y’ait une cohésion, j’aime bien savoir l’ordre dans lequel les choses s’enchaînent, qu’il y’ait des sons qui reviennent dans l’album. J’aime bien que ce soit un bloc. Les singles ? C’est cool, ça permet de savoir si tu vas acheter l’album. Les EPs, c’est cool aussi, mais je préfère les albums. Je me dis, ça fait un ou deux ans que l’artiste y travaille, il te le sort, il y a passé du temps… Et j’aime bien aussi me dire « ah, telle année, c’est l’année où tel album est sorti ». Ces 12 chansons que j’ai écoutées à fond !

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Comment ranges-tu tes disques ?

Je suppose qu’on pourrait dire que c’est par scène ou quelque chose comme ça. Par genre, par scène… C’est vraiment ma propre organisation. Après, tu as souvent les choses qui sont sur le même label qui sont les unes à côté des autres, ou alors d’un même pays ou d’une même ville. J’essaye de regrouper le plus logiquement possible les choses qui sonnent un peu pareil. Donc tu vas avoir tout ce qui est DIY anglais à un endroit, ensuite tout ce qui est DIY américain, et qui va s’enchaîner avec le français, etc. Puis là, tu vas avoir tout ce qui est indie, songwriters. Puis, les trucs plus indie-pop, puis après, les choses plus anciennes qui sortent un peu des autres catégories. Après, ma définition de « scène » est parfois un peu large et modelée selon les besoins. Y’a rien qui clashe, dans ma tête c’est clair : ils sont les uns à côté des autres, par exemple parce qu’il y’a des membres d’un groupe qui sont aussi dans le groupe à côté, ou ils sont sur le même label, ou dans la même ville, ou amis les uns avec les autres… Aucun ordre alphabétique, rien de concret et de logique vu de l’extérieur, tout se passe dans ma tête ! Par contre, si quelqu’un devait venir et choisir un disque… Par exemple, il peut prendre Lemuria là bas, et autour de ce disque, du coup, il y’a potentiellement plein de trucs qu’il peut aimer aussi. Après, si quelqu’un me sort un disque, ça va, je saurai le replacer, mais s’il en sort plusieurs, je ne sais pas si je vais me souvenir dans quel ordre je les avais rangés, haha.

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On a pas mal anticipé sur la question d’après, alors tu vas peut-être te répéter… Comment est-ce que tu te renseignes sur les sorties ? Est-ce que tu planifies tes achats ? Et qu’est-ce qui va motiver l’achat d’un disque chez toi ?

J’ai mon rituel du vendredi. Du coup, je suis pas mal de labels, je regarde ce qu’ils sortent, je regarde ce dont ils parlent, je reçois des newsletters de labels, de groupes, ou alors Bandcamp avec leurs alertes… Tout ça, je les compile, je fais ma petite liste de choses à écouter, je me pose et j’écoute. Après, selon ce que j’ai entendu, je me fais une liste de choses à acheter ou à précommander. Donc voilà, y’a une liste, et après, la manière dont je dépile la liste est pas vraiment planifiée. Soit ça va être « il me le faut vraiment tout de suite », et ça, ça peut arriver à 3h du matin quand je suis en train d’écouter le disque obsessionnellement, haha. Et quand tu te réveilles le lendemain matin, tu te dis « oh non… » mais en fait après, quand il arrive, tu te dis que c’est trop bien ! Haha… Soit parfois, il y’a des trucs qui restent pas mal de temps sur la liste, des mois, des années… J’attends de tomber dessus. Ou alors, parfois je me dis « maintenant, il me le faut! » Ou alors quand j’ai un peu d’argent de côté et que je me dis « allez, je m’achète 5 disques de ma liste ».

Donc si je comprends bien, toi, c’est vraiment une bonne écoute du disque qui va motiver ton achat.

Ouais, sauf si c’est des artistes que j’aime déjà beaucoup qui annoncent un album, et là en général, je précommande.

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Et en concerts, par exemple, tu achètes aussi des disques ? Même si c’est pas sur ta liste ?

Oui, j’achète aussi en concerts, parce que j’y vais pas mal et que j’aime bien avoir un souvenir du concert. En fait, souvent pendant le concert, je me dis « est-ce que j’achète le vinyle ? Est-ce que c’est vraiment si bien que ça ? », « Mais oui, c’est bien. Oui, tu as envie de te souvenir de ça ! » haha. Et bim, j’achète. Mais ça peut être un débat chiant, genre « y’a quoi dans mon porte monnaie ? » / « non mais faudrait quand même que j’écoute la musique » / « alors est-ce que j’achète vraiment le vinyle ? » haha. Parfois, tu reprends une bière et du coup, tu n’achètes pas le vinyle, t’achètes la cassette. Ah, d’ailleurs, y’a une cassette que j’ai acheté une fois et je crois que c’était mal enregistré, ça ne sortait que sur une enceinte. J’étais bien dégoûtée !

As-tu un budget mensuel ?

Non parce que c’est pas vraiment planifié. J’essaye de ne pas abuser. Mais ça fluctue vraiment, tellement que je n’en sais strictement rien. Des fois, j’achète un vinyle dans le mois, des fois ça peut être 5, ça dépend des concerts auxquels je vais, ça dépend si je voyage et que je vais dans un disquaire que j’aime. Parce que du coup, pour trouver en France ce que j’aime bien, chez les disquaires, c’est presque impossible… Peut-être dans des distros, des fois. Mais en général, je suis obligée d’aller en Angleterre, et là par contre, c’est horrible. Y’a trop de choses… Je parcours les bacs et je le prends limite personnellement ! J’ai l’impression que les gens qui ont le shop ont fait exprès de me mettre des pièges dans chaque bac pour me vider mon porte-monnaie, haha. Je les aime beaucoup, mais aussi, je les déteste tellement quand ils me mettent ce truc-là sous les yeux, et que je sais que je ne vais pas le revoir avant des mois, haha. A chaque fois, c’est horrible ! D’autant qu’il y’a des shops où je vais, c’est des gens que je connais, qui ont un label que je connais, qui ont des artistes que je connais, qui derrière, ont plus ou moins les mêmes goûts que moi, donc oui, tout ce qu’ils mettent dans leurs bacs, j’aime tout et je me dis « c’est pas possible ! ».

C’est quoi le plus d’argent que tu aies dépensé dans un disque ?

Ca doit être un truc que j’ai acheté sur Discogs à 3h du matin, c’est obligé ! Ca doit être entre 40 et 70€ je pense… Je sais plus. Dans mes écoutes obsessives sur Spotify, des fois je mets des trucs de côté et je me dis qu’il faut que j’y revienne… Et j’avais marqué ça pour Japanese Breakfast, mais je n’y étais jamais revenue. Et puis un jour, je suis retombée sur une chanson dans une de mes playlists et là, je suis allée réécouter l’album. Et en une nuit… J’ai recherché tout ce que Michelle Zauner avait fait dans sa carrière, je suis tombée sur ses anciens groupes. Eh bien oui, dans la nuit, j’ai acheté les 2 albums qu’elle avait sorti sous Japanese Breakfast et les 2 albums qu’elle a sorti avec son ancien groupe, Little Big League. C’est genre emo-pop-punk… Le disque est très cool, il est rose marbré. Donc voilà, je pense que c’est ce disque pour lequel j’ai le plus dépensé.

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Vu qu’on a déjà pas mal parlé de disquaires : c’est qui les meilleurs disquaires dans ta ville ? Ailleurs en France ? Dans le monde ?

Y’avait 3 disquaires à Tours jusqu’à récemment je crois… Je crois qu’il y’en a un qui a fermé. Je suis pas mega fan, y’a pas mes trucs dedans. Ca reste très « classique », grandes sorties françaises ou le rock classique, le punk classique. Bref, plutôt mainstream. Je suis un peu fatiguée de ce genre de style, genre je me vois pas aller dans un de ces disquaires acheter un Led Zeppelin. Puis je suis aussi un peu fatiguée de ce genre d’ambiance, genre disquaire un peu beaucoup paternaliste… Je me sens tellement observée quand j’y vais. Y’a des foires aux vinyles à Tours par contre : y’en a une au Temps Machine et une qui est organisée par Radio Béton. Et des fois je tombe sur des trucs super cool, j’aime beaucoup ! Mais par contre, t’entends les conversations des mecs, ohlàlà… « Ah les jeunes de nos jours, blablabla ». Et quand t’achètes un vinyle… Par exemple, mon vinyle de Joe Jackson. Je trouve un de ses disques un peu jazz avec des reprises et tout, que moi j’ai beaucoup écouté, alors je me dis « trop bien, je vais l’acheter » et là, le mec me demande si je connais et je dois lui prouver que je connais. C’est tellement fatigant… Alors que ça pourrait être : je prends ça et je m’en vais. Dans l’autre foire qui était organisée par Radio Béton, j’étais tombée sur un truc solo de Joe Strummer, donc trop contente, je le mets de côté. Et là, le mec me demande si je connais « Joey » Strummer, haha ! Et là, il me dit que c’est rare d’en trouver, des « Joey » Strummer, des Clash aussi, et puis aussi son groupe, « the Joey Strummer and the Desperados », haha. J’étais là : « OK… » Et donc il se met à m’expliquer tout Joe Strummer avec les mauvais noms, les mauvais mots, haha.

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En France, à Lille où j’ai habité, je passais chez Besides Records. Je suis passée à Bordeaux y’a 2 semaines chez Total Heaven, c’était cool. J’ai rien acheté, mais j’ai bien aimé regarder tout ce qu’il y’avait. A Paris, j’ai pas trop tendance à aller dans les disquaires… C’est plus en Angleterre que j’ai pris l’habitude d’y aller. Et quand je vais là-bas, y’a un jour où je vais m’acheter des vinyles, un jour où je vais acheter des bouquins. C’est réservé et je sais où je vais… A Londres, Rough Trade East, Flashback… Et à Bristol, Radio/ON et Specialist Subject Records.

Quand tu vas voir un.e artiste en concert, est-ce que tu attends quelque chose de différent du disque ? Ou est-ce que tu aimes bien que ce soit réinterprété par rapport à ce qui a été enregistré ?

J’aime beaucoup le live. Alors que tu me fasses quelque chose qui est comme le disque que j’aime beaucoup, ça me va, mais si tu me fais quelque chose de différent, c’est le live, donc ça me va aussi. J’ai l’impression aussi que ce que j’écoute est vachement lié au fait que ça va envoyer en concert, où tu vas pouvoir chanter, où tu vas pouvoir danser… Quand je réanalyse toute ma vie, c’est un genre de fil conducteur. Quand j’étais gamine, que j’entendais des chansons en live et que j’entendais la foule chanter, j’avais des frissons dans le dos. Et donc clairement, ça a vite été « moi je veux aller en concert » quand j’étais gamine. Et j’étais persuadée qu’il fallait aller aux Etats-Unis pour aller voir des concerts, haha ! Après quand j’étais jeune, pour aller en concert, c’était plus compliqué. Mais après, quand j’ai commencé à vraiment aller en concert, je ne me suis plus jamais arrêtée. J’en fais 50-60 par an, plus des festivals… C’est mon truc en fait, c’est mon hobby ! Quand les gens me disent « qu’est-ce que tu fais dans la vie ? », j’ai pas envie de leur dire « je suis ingénieure », j’ai envie de leur dire « je vais en concerts ! » Alors oui, après, c’est pas ce que je fais de 9h à 17h et c’est pas ce qui me permet de payer mon loyer, mais c’est plus proche de mon identité que mon boulot.
J’ai jamais eu de mauvaise surprise live par rapport à un album ou quoi que ce soit. Je n’arrive pas vraiment à penser à quelque chose pour lequel j’avais des attentes et qui m’a déçue… Je suis juste contente d’être en concert, en général. Après, j’ai vu des groupes qui ont fait une performance moyenne, mais j’ai jamais eu de ressentiment.

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« Home is where the record player is », est-ce que ça te parle comme phrase ?

Oui, pour l’écoute attentive. Et puis, j’ai pas mal déménagé ces 4-5 dernières années, dans différentes villes. J’avais pas de platine à un moment, et quand je l’ai eue, elle était juste dans un coin de ma petite chambre… Mais par contre quand j’ai emménagé ici, j’en ai fait un peu l’élément central du salon. Je vadrouille pas mal pour aller en concerts et ça fait un an que je travaille à Paris à mi-temps, donc je ne suis pas tout le temps chez moi. Mais par contre, quand je suis chez moi, j’aime bien me poser, rituellement, m’asseoir devant mes disques, prendre le temps de choisir, mettre le disque sur ma platine, m’allonger, prendre une bière peut-être, me dire dans ma tête que je choisis la bonne bière pour le bon vinyle, même s’il n’y a aucune logique entre ma bière et mon vinyle, haha, c’est juste un fantasme total !

Oh, je suis sûre qu’il y’a un blog qui parle des alliances bières/vinyles !

Oui, ou au moins un compte Instagram ! C’est obligé ! Mais pour revenir à la question, quand je pense à déménager, c’est la première chose à laquelle je pense : comment je vais trimbaler tous mes disques. Et après, si je dois visiter un appartement, je pense que c’est la première chose à laquelle je vais penser : où je vais mettre ma platine, et où est-ce que je vais mettre mes vinyles. Le salon, c’est la pièce centrale chez moi je pense, et je pense aussi que la platine est l’élément central de mon salon.

D’ailleurs, c’est quoi ta platine ? Et qu’est-ce qui tourne dessus ?

C’est pas une platine de ouf, c’est la Audio Technica LP 120 ou 160, c’est la moyenne gamme, classique. J’avais juste besoin de quelque chose pour écouter, et pas un truc Crosley ou je sais pas quoi dans une valise qui se vend chez Urban Outfitters, je ne voulais pas ça ! Je voulais juste un truc qui fasse le boulot et qui soit de qualité ok. Après, j’ai comme objectif dans ma vie à un moment d’upgrader, petit à petit. Notamment, j’ai récupéré la chaîne de mes parents avec laquelle j’ai grandi, mais je ne l’ai pas encore branchée à la platine. C’est un lecteur de cassettes pour l’instant. Je crois qu’on a le même âge d’ailleurs, cette chaîne audio et moi.
Le disque sur ma platine, c’est Control Top, c’est un groupe de Philadelphie, sur le label dont on a déjà parlé qui s’appelle Get Better Records. C’est post-punk mais avec pas mal d’autres influences : un peu de pop-punk, après, y’a peut-être des moments où ça sonne un peu comme les Hives… Il est sorti cette année, et je l’ai écouté, j’ai adoré. Enfin, je savais déjà, car Get Better Records, de base, je fais confiance. En tout cas, je l’ai acheté très vite après l’avoir écouté, et j’ai bien fait, car ça c’est le premier pressing, et il est parti très rapidement.

Léna, vinyle, control top, philadelphie, audio technica

 

Qu’est-ce que tu penses de tout ce qui est spéculation autour des disques, sur Discogs, sur Ebay…?

Moi, je ne suis pas collectionneuse à ce point-là, et je ne pense pas que je sois dans les styles qui sont concernés par ce genre de comportement. Les trucs que je veux, je ne pense pas qu’ils vont monter à 800$ ou des trucs comme ça. Alors oui, Discogs sort les plus grosses ventes de chaque mois, ou à la fin de l’année, et c’est toujours des Pink Floyd ou des trucs qui me parlent pas… Ca concerne surtout les trucs de chineurs, et moi je me sens pas cette âme de chineuse ou quoi que ce soit. Je ne vais pas aller chercher la pépite, mais je vais aller chercher ce que j’aime, ce qui me correspond, ce qui a un lien avec mon identité, ce que j’écoute… Je ne vais pas digger. A un moment, j’ai cru que j’allais me mettre à faire ça, et puis je me suis rendue compte que finalement, j’avais déjà tellement de trucs sur ma liste « plus personnelle », que je préfère me concentrer sur ça.

Bon, on connaît un peu déjà la réponse à la prochaine question, mais c’est quoi pour toi la meilleure façon d’écouter un disque ?

La première fois, une écoute attentive, ou semi-attentive, parce que parfois j’utilise mes trajets en train pour écouter. Mais ouais, pour vraiment apprécier un disque, j’aime bien me poser, et l’écouter de A à Z, éventuellement avec une bière… Et je fais vachement attention aux paroles, c’est aussi pour ça que j’ai besoin d’être attentive, c’est vraiment un truc important pour moi. C’est comme ça que j’ai appris l’anglais en grande partie, en lisant les paroles. J’ai besoin d’entendre les paroles, des fois j’ai besoin de les lire en même temps, juste pour confirmer ou juste parce que je trouve que tu ressens plus les choses quand tu lis et que tu l’entends en même temps.

Oui, il y’a une intention…

Oui, et puis il y’a les choix de mots, moi clairement ça me rend malade ! Comment t’as formulé ta phrase, comment t’as réussi à la faire rentrer musicalement à cet endroit-là. Je trouve ça trop bien. Je me souviens avoir lu un truc, c’était pas une interview, mais quelqu’un qui avait fait une expérience. Il travaillait dans le milieu de la musique, et disait « j’écoute tout le temps plein de trucs, mais je n’écoute jamais attentivement », et donc, il s’est mis une consigne qu’il allait écouter pendant un mois un seul album, mais à fond. Et il a essayé et il a échoué… Déjà, tout le sujet était super intéressant, mais je me souviens surtout d’une phrase. Il disait que lui aussi, il était à fond dans les paroles et que les gens qui lui disaient « moi j’écoute pas les paroles », il les regardait « comme s’ils avaient trempé un Snickers dans un pot de moutarde » ou un truc comme ça, haha. Et je me suis dit « oui, pareil ! »

Je crois que je suis un peu pareille, surtout quand le morceau me « chavire » musicalement et que je me dis « mais de quoi ça parle ? »

Oui, exactement ! Est-ce que moi, je peux me retrouver dans les paroles, déjà ? Pareillement, quand j’ai fait de la recherche sur les préférences musicales et la cognition, j’avais une collègue avec qui on parlait beaucoup de musique, qui me disait qu’elle pouvait complètement faire abstraction des paroles. Putain, pour moi, c’est tellement dur à comprendre ! Mais c’est super intéressant aussi, j’aime bien analyser comment les gens écoutent de la musique et pourquoi. C’était mon boulot à une époque, alors j’ai toujours ce truc. Quand les gens parlent de musique, j’écoute, et pas pour juger, mais pour analyser.

C’est un sujet super intéressant, et qui te renvoie aussi à toi, à ton propre mode d’écoute.

Oui, carrément. Le boulot que je faisais à Londres, c’était de la recherche sur un modèle prédictif de préférences musicales. Donc c’était faire écouter des chansons aux gens, leur poser des questions sur eux, sur la musique, sur leur manière d’écouter, le contexte, et tout ça. Et j’ai lu beaucoup de littérature, j’ai fait passer des expériences, j’ai collecté des données, j’ai analysé… Et les premiers mois où j’ai fait ça, c’était quand j’ai commencé à utiliser Spotify. Sur Spotify, t’as un choix énorme de trucs à écouter, donc tu dois vraiment aller faire des choix sur « qu’est-ce que je vais aller écouter ». Et à chaque fois que je choisissais d’écouter quelque chose, je me disais « pourquoi ? » J’étais parasitée par mon boulot. C’était génial, mais c’était compliqué aussi, je n’arrivais pas à sortir de ça. Et pourtant, je me suis mise à écouter plus de musique à ce moment-là, mais j’avais l’impression d’avoir perdu un certain niveau de lecture qui était juste spontané, la base quoi.

Léna, collection de vinyles

L’interview touche à sa fin. Tu as quelque chose à rajouter ?

Oui, je voulais reparler de Michelle Zauner, la chanteuse de Japanese Breakfast et d’autres groupes dont Little Big League, qui est vraiment super créative. Sur le dernier album de Japanese Breakfast qui s’appelle Soft sounds from another planet, elle a aussi fait un jeu vidéo qui va avec, qui s’appelle « Japanese Breakquest ». C’est un petit jeu en 2D un peu retro, où la musique pendant le jeu, c’est son album en 8-bit. Dans le jeu, tu l’incarnes elle, Michelle, et lors de ta petite quête dans l’espace – c’est un peu aussi le thème de l’album – tu dois récupérer des morceaux pour un robot ou un truc comme ça… Et au fur et à mesure, tu rencontres les membres de ton groupe et donc en fait, t’es un peu comme dans un « Final Fantasy » où tes personnages ont des rôles : y’a le batteur, y’a elle, qui est guitariste chanteuse… Donc en fait, ils ont des attaques qui sont liées à leurs instruments, genre blast de batterie, des trucs comme ça. Et tu rencontres d’autres petits personnages, et en fait, ce sont des références à leur scène. Donc tu vas rencontrer Jay Som, qui est une chanteuse indé vachement proche du groupe, et puis ils vont avoir des conversations ensemble. Ou à un moment, ils vont récupérer un équipement et c’est du merch de Charly Bliss ou des trucs comme ça, et c’est trop drôle ! J’ai adoré, j’ai vraiment trouvé ça génial ! Et à la fin, quand tu as fini le jeu, ils te filent un zip avec la musique en 8-bit de l’album.
Donc en fait, elle a sorti des albums avec des groupes – Japanese Breakfast c’est un petit peu son projet solo, même si elle a un groupe derrière qui la back-up – après, elle a fait ce petit jeu qui allait avec son album, là elle est train de faire de la musique pour un jeu vidéo qui s’appelle « Sable » qui devrait sortir en fin d’année… Et elle est aussi en train d’écrire un livre, haha. Ca va, elle s’en sort pas trop mal ! Elle a écrit des essais, enfin des grands articles pour genre le New York Times qui ont très bien marché, et donc elle s’est maintenant lancée sur un bouquin. Elle est vraiment super intéressante.

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